vendredi 28 avril 2017

SELFIES - ADLER OLSEN, Jussi

Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d'une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu'elles sont la cible d'une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L'inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s'il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. Mais Rose, plus que jamais indispensable, sombre dans la folie, assaillie par les fantômes de son passé.
Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l'ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d'or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance. Selfies est le septième tome de la série du Département V. 

Voici le 7eme tome des enquêtes du Département V. Nous retrouvons Carl, toujours aussi grognon et Assad, toujours aussi mystérieux.  Rose est là aussi mais elle a complètement disjoncté. Les drames de son enfance ont pris le dessus dans son cerveau fatigué et la laisse hors circuit. Assad est égal à lui même et c'est vraiment mon préféré. Et puis il y a le petit nouveau Gordon, secrètement amoureux de Rose, qui semble complètement à l'ouest mais qui part à la chasse aux infos avec son air de chien battu.
Mais, et là est la nouveauté, nous ne sommes pas un thriller a proprement parler. En effet, dès le début nous savons qui est le tueur. Plusieurs histoires se court-circuitent dans ce livre et nous comprenons, sans trop voir la finalité, que lorsque tout cela va se rejoindre, cela va faire mal. Il y a Denise, petite fille adulée par son grand père qui se retrouve à quémander l'aide sociale pour survivre. Il y a Anneli, assistante sociale qui ne supporte plus son métier et ses femmes futiles qui jettent l'argent de l’État par les fenêtres. Il y a Rose, engluée dans sa folie et qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Il y a... Il y a des personnages plus vrais que nature qui nous dépeignent une société danoise qui n'a rien de reluisant et que l'on envie pas du tout. 
Étant donné que Jussi Adler Olsen, dans ce tome, ne privilégie pas le suspens, nous entrons vraiment dans la tête des personnages et c'est cet aspect qui prend le dessus dans ce livre. Comment à partir de rien, la vie de plusieurs personnes, qui n'ont rien en commun, va basculer dans la noirceur et la folie. La psychologie des personnages est vraiment bien retranscrite à travers leurs faits et gestes quotidiens et nous comprenons parfaitement qu'une personne ordinaire, un jour, franchit la ligne et bascule dans le crime. C'est fascinant.

vendredi 7 avril 2017

AU COEUR DE L'ETE - STEN, Viveca

Week-end de la Saint-Jean sur l’île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Dans la foule, une jeune fille avance en titubant avant de s’effondrer sous les yeux de la police.
Pendant ce temps, Nora Linde s’apprête à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d’un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage.
L’inspecteur Thomas Andreasson, l’ami d’enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l’enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d’été ?
Voici le cinquième volet des enquêtes de Thomas Andreasson sur son île scandinave. Nous sommes à la veille de la Saint Jean, fête importante en Suède. Tous les jeunes et moins jeunes se retrouvent pour faire la fête. Etalage de luxe, de sexe, de boissons et de drogues. Comme chez nous, il n'y a plus de fêtes sans alcool : les corps s'échauffent ainsi que les esprits et bien sur, les coups partent. Sauf que là, il y a un mort : un jeune de 16 ans, retrouvé le crâne défoncé sur une plage. Il y avait plein de témoins potentiels mais tellement défoncés que personne n'a rien vu ni entendu.
A travers un fait divers banal, Viveca Sten nous dresse le portrait d'une jeunesse qui a le vague à l'âme et qui se noie dans l'alcool et la drogue. Il y a un véritable cri d'alarme face à cette jeunesse à la dérive que nous cotoyons tous les jours et que nous croyons connaître. Mais connaissons nous vraiment nos enfants, surtout lorsque l'adolescence frappe à la porte.
Je confirme que cet opus se lit indépendamment des autres tomes, car, comme d'habitude, je commence par la fin. Il n'y a pas de surenchère d'hémoglobine mais nous suivons à travers la détresse de chaque protagoniste le déroulement des faits. C'est une enquête comme je les aime : tout en douceur, tout en psychologie. Des personnages qui pourraient être vous ou moi. Des gens ordinaires qui se retrouvent mêlés à un drame on ne peut plus banal. Et pourtant, l'auteur arrive à nous happer par son récit. Et chaque fois que l'on approche de la vérité, elle s'éloigne et nous oblige à tourner les pages suivantes.
Un délice... qui va me permettre de me lancer sérieusement dans les épopées précédentes.