vendredi 24 mars 2017

SILENCE - Shûsaku Endô

Japon, 1614. Le shogun formule un édit d'expulsion de tous les missionnaires catholiques. En dépit des persécutions, ces derniers poursuivent leur apostolat. Jusqu'à ce qu'une rumeur enfle à Rome : Christophe Ferreira, missionnaire tenu en haute estime, aurait renié sa foi. Trois jeunes prêtres partent au Japon pour enquêter et poursuivre l'oeuvre évangélisatrice... Dans ce roman encensé par la critique internationale, Shûsaku Endô éclaire une part méconnue de l'histoire de son pays. Ce roman d'aventures se fait réflexion sur le caractère universel des religions et le sens véritable de la charité chrétienne, témoignage étonnant des relations complexes entre Japon et Occident.

Je dois avouer que cette lecture m'a été soufflé par Monsieur  Scorsese. Lors d'une interview à la radio, il m'a donné envie de découvrir ce roman en attendant de pouvoir visionné le film. Je ne connaissais ni l'auteur, ni cette partie historique du Japon.
Les missionnaires catholiques n'ont pas seulement évangélisé les indiens d'Amérique, les africains et autres tribus oubliées. Ils sont allés jusqu'au Japon... et oui... il fallait oser mais ils l'ont fait. Mais contrairement à d'autres missions, celle ci ne fut en aucun cas couronné de succès et beaucoup de missionnaires, et de convertis, y ont laissé leur peau. La cruauté des japonnais face aux attaques n'est plus à démontrer mais ici nous découvrons les prémices des sévices qui seront utilisés lors de la seconde guerre mondiale.
Trois prêtres partent à la recherche de Ferreira, un missionnaire exceptionnel qui aurait apostasié (renié sa foi) afin de conserver la vie. Impossible aux yeux de ces missionnaires. Aucune torture ne justifie un tel acte. Alors... que s'est il réellement passé ? C'est ce qu'ils vont tentés de découvrir tout en diffusant la parole de Dieu. Mais le shogun n'a absolument pas cette vision pour son pays. Tout chrétien, qu'il soit japonnais ou missionnaire étranger est un ennemi et il doit absolument apostasié. Il doit fouler l'efumi (le visage du Christ) sinon c'est la mort qui l'attend mais pas une mort douce. Oh non... torture jusqu'au bout.
Cela fait froid dans le dos surtout lorsque l'on prend conscience que ces faits sont réels et qu'ils ont été relatés dans divers courriers. J'ai hâte de voir ce que  Martin Scorsese a retiré de ce roman de 260 pages. Le prêtre Rodrigues va être confronté au choix le plus difficile de son existence : conserver la vie humaine ou sa foi. Chaque page est souffrance : souffrance du prêtre qui voit tant d'hommes massacrés, souffrance des chrétiens qui doivent dissimulés leur foi, souffrance d'un pays sous le joug d'un shogun impitoyable, souffrance d'un clandestin. Mais chaque mot nous entraine au plus profond de nous même. 
Que ferions nous si nous étions Ferreira ou Rodrigues ? Que ferions nous si nous devions choisir la foi ou la vie ? Mais cela pose aussi la question d'imposer à d'autre personnes, peuples notre façon de vivre, de croire, d'être...
Il n'y a qu'un mot : magnifique.

jeudi 23 mars 2017

NUIT - MINIER, Bernard

NUIT de tempête en mer du Nord.
Secoué pas des vents violents, l’hélicoptère dépose KIRSTEN NIGAARD sur la plate-forme pétrolière.
L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base off-shore.
Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de MARTIN SERVAZ.
L'absent s'appelle JULIAN HIRTMANN, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années.
Et étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié.
Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. Au dos, juste un prénom: GUSTAV
Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.
Ce livre est la suite de Glacé, que bien sûr, je n'ai pas lu. Afin de rattraper mon ignorance, j'ai visualisé la série qui est passée à la télévision. Série qui m'a moyennement convaincue mais qui m'a incitée à lire le dernier Minier. Je suis assez mitigée quant au ressenti. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée, mais je ne peux pas dire non plus que cela m'a passionnée. Au vu des critiques et de la quatrième de couverture, je m'attendais à autre chose. Une sorte de chasse à l'homme entre la Norvège et la France, un stress qui monte au fur et mesure de ma lecture.
Les premiers chapitres, la découverte du crime et la recherche de l'auteur ; ça, ça va. Après on retrouve Servaz qui se fait tirer dessus et qui passe des mois dans le coma. Nous aussi, on passe trop de temps dans cet état léthargique. Ça ne sert à rien, ça n'apporte pas grand chose mais surtout ça casse le rythme. Et c'est comme cela tout le long. Chaque fois que l'action est lancée, elle est stoppée net par les problèmes familiaux et personnels de Servaz, par des piqûres de rappel des précédents romans.
Du coup on se retrouve, non pas à une chasse à l'homme, mais plutôt à une sorte de chasse au trésor, un jeu de piste qui on le devine tout de suite se terminera pas un face à face entre Servaz et Hirtmann.
Par contre, ce que l'on ne devine absolument pas, c'est le troisième protagoniste. Là, chapeau bas Monsieur Minier. Si tout le livre avait été sur ce style, il nous aurait happé dès la première page pour ne nous lâcher qu'à la dernière.
A découvrir pour les adeptes...

vendredi 10 mars 2017

LE PIEGE DE LA BELLE AU BOIS DORMANT - HIGGINS CLARK, Mary

La productrice de Suspicion, l'émission de télé-réalité spécialisée dans la reconstitution de cold cases, s'est laissée convaincre par Casey Carter, tout juste libérée de prison après une peine de de quinze ans pour le meurtre de son fiancé, Hunter Raleigh. Si pour la presse et l'opinion publique Casey reste une criminelle, celle-ci continue de clamer son innocence, et Suspicion est sa seule chance de la prouver.
Entre les nombreuses jalousies et rivalités que suscitait les fiançailles de Casey et Hunter, héritier d'une des plus grandes fortunes américaines, et l'arrivée d'un jeune loup aux dents longues pour remplacer le précédent présentateur de Suspicion, l'enquête et l'émission de Laurie s'annoncent difficiles...

Leur réputation n'est plus à faire : après le succès de L'Affaire Cendrillon et de La Mariée était en blanc, le duo de choc Mary Higgins Clark - Alafair Burke revient pour une nouvelle enquête de Laurie Moran.
Bon, rien de nouveau dans ce livre. La trame est la même que dans les opus précédents. Casey, qui se dit injustement accusée du meurtre de son mari fait appel à Laurie afin de prouver son innocence. Mais plus l'enquête avance, plus les preuves s'accumulent pour Casey. Tout et tout le monde est contre elle.  Nous plongeons dans les méandres d'une quête qui faut bien le dire s’essouffle par moment. Même si cela reste toujours un plaisir de lire Mary Higgins Clark. Pas de surabondance d'hémoglobines, des personnages qui ont tous l'air innocents mais aussi coupables. Une histoire à rebondissement qui se lit d'une traite et qui nous permet de passer un bon moment de lecture.

RENDEZ VOUS AU CUPCAKE CAFÉ - COLGAN, Jenny

Responsable administratif dans une compagnie immobilière à Londres. Izzy Randall se distingue surtout par ses talents de pâtissière. Chaque semaine, elle régale tous ses collègues de délicieux gâteaux. Jusqu'au jour où une série de licenciements laisse la jeune femme sans travail seule et désemparée.
Izzy sent alors grandir en elle une idée folle : et si elle ouvrait sa propre boutique de pâtisseries ? Ne serait elle pas capable de créer un lieu chaleureux ? D'inventer de nouvelles recettes du cupcakes colorés ? Ou de brownies ultra fondants
Alors qu'elle tente de contenir son imagination galopante, Izzy découvre un magasin à louer dans une ruelle pavée où pousse un frêle poirier... 

Jenny Colgan est connue pour son premier roman, "La petite boulangerie du bout du monde" que je n'ai pas lu mais qui est en bonne place dans ma PAL. J'ai acheté ce livre car je trouvais la couverture sympa, colorée, gaie et donnant envie de plonger dans ce livre. J'avoue ne pas avoir été déçue malgré quelques longueurs. 500 pages ne peuvent pas être performantes d'un bout à l'autre.
Isabel adore la pâtisserie ; elle tient cela de son grand père qui pour palier à l'absence de la mère l'a pris sous son aile. Il lui a tout appris, toutes les ficelles du métier mais Izzy a préféré un métier de bureau dans l'immobilier. Rondelette, toujours de bonne humeur et on peut le dire, un peu "gobe mouche" elle ne voit jamais le côté obscur des choses et des gens. Elle noue une relation amoureuse avec son patron, le beau et ténébreux Graeme, sans déceler son côté profiteur et sournois. Et voilà que l'entreprise a une baisse de régime. Prenant les devants afin de préserver sans poste, Graeme licencie une partie de personnel dont Izzy. Profitant de son indemnité, elle loue un local qu'elle avait repéré et décide de donner libre court à sa passion. Elle aménage sa boutique pour en faire un lieu convivial, accueillant et permettant de venir se défaire du stress quotidien. Elle est aidé par Pearl, mère célibataire noire qui n'a pas sa langue dans sa poche et de Caroline, une pimbêche de la haute société qui vient de se faire larguer par son mari et qui se retrouve à la rue.
L'histoire est sympa, on a même l'odeur de café et de cupcake qui vient nous chatouiller les narines. Je me vois même assise sur le canapé avec ses nombreux coussins à regarder par la baie vitrée le vieux poirier fleurir coûte que coûte. Je vois le vieux quincailler voisin que passe tous les jours sans s'arrêter mais qui ne peut s'empêcher de jeter un regard à la boutique. Enfin je vois Izzy surgir de son sous sol cuisine toute échevelée, les mains retenant avec peine un plateau débordant de cupcakes de toutes les couleurs.
C'est une lecture agréable, qui nous permet d'oublier nos soucis quotidiens. C'est un lieu qu'on imagine sans peine et dans lequel on aimerait venir afin de feuilleter un livre ou simplement pour discuter.