jeudi 30 juin 2016

LE TEMPS EST ASSASSIN - BUSSI, Michel

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Eté 1989
La Corse, presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite... et bascule dans le vide.
Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l'accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l'endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ?


Voici le dernier opus de Michel Bussi qui comme d'habitude nous happe dès la première page pour ne nous libérer qu'à la dernière. Dépaysement garanti, nous quittons le continent pour nous envoler vers la Corse et ses sublimes paysages (enfin ça c'est ce que tout le monde dit car je n'y suis jamais allée). Nous y rencontrons Clotilde et sa famille qui est, du côté parternel, corse. Clotilde, 15 ans, ado rebelle en pleine découverte du monde, de l'amour et surtout des roueries des adultes. Clotilde qui écrit tout dans son journal mais surtout Clotilde, seule survivante du terrible accident qui tua ses parents et son frère.
Vingt sept ans après ce drame, Clotilde revient sur l'île accompagnée de son mari et de sa fille afin de faire, enfin, son deuil. Mais voilà, comme toujours avec Michel Bussi rien ne se passe comme prévu. Les souvenirs ressurgissent, la recherche de la vérité devient obnubiTéléchargélante et inévitable. Et si Palma, la mère de Clotilde n'était pas morte dans l'accident ? Et si elle était toujours vivante sur l'île ? Et si... et si... Comme on dit, avec des si on refait le monde. Ici, on refait l'histoire.
Comme dans ses précédents livres, on retrouve ce qui caractérise le style Bussi : une écriture fluide qui vous permet d'avaler les pages avec avidité ; une intrigue simple mais à multiple rebondissements qui vous tient en haleine. Même quant on pense avoir démasqué le méchant... et bien non, ce n'est pas le bon.
Un très bon polar pour cet été qui risque de vous apporter de bons coups de soleil.

vendredi 24 juin 2016

LES FUGUEURS DE GLASGOW - MAY, Peter

C’étaient les sixties. Une génération décidée à bousculer l’horizon s’engageait dans une décennie d’aventures et d’expériences nouvelles. Et ils étaient cinq, cinq gamins de Glasgow, grandis dans des familles modestes et réunis par l’amour du rock. Au son des Stones et des Kinks, de cette musique révolutionnaire, violente et romantique qui déferlait sur le Royaume-Uni, ils décidaient de fuir jusqu’à Londres, cette ville inconnue qu’ils appelaient « The Big Smoke » et où les attendait, ils en étaient convaincus, le plus brillant des destins. Ils étaient cinq et seuls trois d’entre eux revinrent à Glasgow avant même que finisse cette année 1965. Pour eux, rien ne fut jamais plus comme avant.Cinquante ans plus tard, un meurtre brutal va sortir trois vieux Écossais de leurs existences finissantes dans un ultime acte d’amitié. Revenant sur les pas de leur adolescence et de la fugue qui les emporta, à dix-sept ans, vers de cruelles désillusions, ils vont remonter jusqu’à la nuit terrible qui vit mourir deux hommes et disparaître pour toujours la jeune fille qui les accompagnait.S’inspirant de sa propre fugue entre Glasgow et Londres lorsqu’il était adolescent, Peter May livre un polar nostalgique autour des rêves perdus et des passions éteintes de la jeunesse. Dans une spirale éperdue, ses personnages sont emportés dans un même chaos à travers les décors d’un pays bouleversé par la modernité, où les espoirs d’antan n’en finissent pas de s’effondrer et où leur propre passage n’aura laissé aucune trace. Mais les larmes ne résilient ni le mal ni le mensonge. Et, au bout du compte, qu’est-ce que la mort d’un homme sinon l’effacement de ses propres crimes ?

Il me reste comme un arrière gout de d'inachevé. J'ai débuté ma rencontre avec Peter May par "la série chinoise" avec l'inspecteur Li Yan et franchement c'était super. Bon là, depuis que je me plonge dans les autres écrits de Peter May, je n'accroche pas. Pas que cela soit inintéressant ou mal écrit ; mais je m'ennuie. J'ai l'impression de faire du sur place, l'action ne décolle pas ou lorsque l'action se met en route, elle s'arrête aussitôt. Pourtant dans cet opus, je m'attendais à trouver mieux d'autant plus que l'histoire est inspirée de la propre fugue de l'auteur à Londres. Je pensais retrouver le dynamisme de Li Yan ; mais non. 
Deux histoires sont racontées en parallèle : la première se déroule en 1965 et la seconde, 50 ans plus tard lorsque la bande se reconstitue pour accompagner Maurie dans son dernier combat.
Cinq jeunes musiciens, unis comme les cinq doigts de la main, décident de tout plaquer pour tenter de percer dans le monde de la musique à Londres. Cinq jeunes qui chantent les chansons des autres et qui vont découvrir le monde de la musique à travers les yeux d'ados débordant de bonne volonté, d'énergie, d'envie de vivre mais tellement naïfs. Une bande de copains qui sauvent la cousine de Maurie des griffes de son homme dealer. Un amour naissant qui se termine tragiquement. Sur la bande de six, deux ne reviendront pas. Voilà le pèlerinage final de Maurie, faire revivre les souvenirs et lever le voile sur ces drames qui ont abouti à la séparation du groupe.
A lire mais sans plus.

vendredi 17 juin 2016

AGATHA RAISIN ENQUETE - REMEDE DE CHEVAL - BEATON, Marion Chesney

Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats. Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.
Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident. Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l'affaire de La Quiche fatale, il s'agit bien d'un meurtre. à l'étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l'avis de son entreprenante voisine. Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu'ils ne l'imaginaient...

Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

« L'Agatha Raisin de M.C. Beaton est un véritable trésor national. »
The Times
Aujourd'hui, un vrai coup de cœur personnel. Un livre qui fait du bien au moral par ces temps maussades. J'ai découvert ce livre dans un groupe sur Facebook. Tout de suite ce qui m'a attiré c'est la couverture. Franchement, je la trouve sympa, gaie... Au premier abord j'ai cru que c'était un livre pour ado ou une BD mais Albin Michel ne fait pas de BD. J'ai donc foncé sur Babelio pour découvrir la quatrième de couverture.
Première satisfaction, ce n'est pas un livre pour ado. Deuxième satisfaction : les mots miss Marple et détectives amateur attirent mon regard.
Ce livre est le deuxième tome (et oui, je n'ai pas commencé par le premier) d'une série qui en compte 27 mais seuls les deux premiers sont traduits. Agatha Raisin débute sa carrière de détective amateur en 1992 en Angleterre. C'est pour cela que, pour l'instant, pas d'internet ni de téléphone portable.
Agatha met un terme à sa carrière pourtant prometteuse à l'âge de 53 ans et réalise son rêve : un cottage à la campagne à une heure de Londres, au cas où... Là, la voilà foudroyée par  son amour unilatéral pour le magnifique Colonel James Lacey. Dans le premier tome, nos amis sont confrontés à un empoisonnement à la quiche. 
Dans cet opus, Agatha se trouve confrontée à un très séduisant vétérinaire qui fait tourner la tête à toute la gente féminine du village. Un matin le voilà retrouvé mort alors qu'il intervenait sur un cheval. L'arme du crime : une seringue contenant un calmant. Nous nous trouvons face à un panel de portraits tous aussi différents mais tellement attachants.
Le principal est évidemment Agatha. Une quinqua complètement déjantée qui fume, qui boit, qui n'hésite pas à harceler le beau James pour arriver à ses fins. Elle est petite, boulotte, impertinente, maladroite, directe et ne mâchant pas ses mots et surtout, elle a le don pour se retrouver dans des situations plus rocambolesques les unes que les autres. 
Et c'est cela qui fait le charme de cette série, car, arrêtons le suspens, Agatha n'est pas Miss Marple. Même si le crime est le fil rouge de l'histoire, sa résolution passe au second plan. Ce qui interpelle dans cette série c'est l'excentricité et l'amateurisme de notre détective du dimanche ainsi que la reproduction d'un mode de vie à l'anglaise tout à fait hilarante. Situations cocasses et dialogues relevés font de ces aventures un superbe moment de détente où l'on se surprend à rire de bon cœur. 
Tout nos petits travers sont tournés en dérision, la nature humaine est disséquée gentiment et avec beaucoup d'humour.

lundi 13 juin 2016

HOSTILES - THILLIEZ, Franck

Ce n’était vraiment pas son jour. À la fin d’une journée de travail en plein cœur des Cévennes, Léa, jeune photographe animalière, tombe en panne de voiture sur une route de montagne sinueuse et peu fréquentée. Elle est soulagée quand un homme finit par passer et s’arrêter pour l’emmener. Malheureusement, lorsqu’un projectile frappe la voiture, Marc, par réflexe, fait un écart et c’est la chute. Léa et Marc se retrouvent pris au piège en contrebas de la route, dans la forêt, prisonniers dans la voiture, sans eau, sans nourriture, sans téléphone. Le tableau semble désespéré, pourtant le pire n’est pas toujours où l’on croit…

Hostiles 
a été adaptée en fiction radiophonique ; elle a été récompensée par le prix Italia 2014, dans la catégorie Fiction.
 
Entre midi et deux, vous ne savez pas quoi lire. Rien de tel qu'une nouvelle écrite par Franck Thilliez pour vous remettre sur les rails. D'autant plus que c'est gratuit, offert par le site 12-21 editions (offre valable jusqu'au 31/09/2016). Une demi heure de lecture pas plus, mais cela vaut le coup.
Léa tombe en panne de voiture sur une route déserte en plein nuit. Une voiture s'arrête ; à son bord, un homme bien sympathique qui lui propose de la ramener à son hotel. On ne monte pas avec un inconnu, tout le monde connaît cette règle. Mais entre restée sur une route déserte, de nuit ou se retrouver dans son lit, Léa a choisi. Evidemment, quand on a affaire à Franck Thilliez, on se doute que tout ne va pas se dérouler comme prévu.
Une demi heure de lecture qui vous glace les sangs du petit orteil à la racine des cheveux. C'est bref, mais efficace. La noirceur de l'âme humaine dans toute sa splendeur.
 

vendredi 10 juin 2016

L'ECHAPPEE BELLE DU BIBLIOBUS - WHITEHOUSE, David

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Des personnages cabossés, un moyen de transport insolite, un long et périlleux voyage.À douze ans, Bobby passe ses nuits à répertorier cheveux, vêtements et autres traces de la vie de sa mère en attendant son retour... qui ne viendra pas. Cette dernière est morte brutalement, et le jeune garçon n'est pas prêt à l'accepter. Battu par son père, Bobby se croit seul au monde jusqu'au jour où il rencontre Val et sa fille handicapée, Rosa. Tous trois nouent des liens très forts et passent un été magique parmi les livres du bibliobus où Val est femme de ménage. Mais, bientôt, une rumeur sur la nature de la relation entre la mère célibataire et l'adolescent se propage dans la ville. Contraints de s'enfuir à bord de la bibliothèque ambulante, ces êtres égratignés par la vie vont s'embarquer dans une aventure pleine de rebondissements, digne des " classiques " qu'ils ont pris l'habitude de dévorer... " Puissant, excentrique... L'écriture de Whitehouse est énergique et rythmée, ponctuée d'instants de tendresse irrésistibles. " The Times

Vous avez aimé La couleur des sentiments, ou La manufacture des chaussettes inusables... Alors vous adorerez ce livre qui est dans la même lignée. Des personnages haut en couleur mais tellement réels et sympathiques. Une histoire tout mignonne mais qui vous tient aux tripes. Un régal.
Pourtant dès les premières pages, ce n'est pas gagné car la première idée qui vient à l'esprit est : encore un livre sur la maltraitance des enfants. Et pourtant. 
Nous rencontrons Bobby, garçon d'une douzaine d'année, souffre douleur de son père et des enfants du collège. Il vit dans l'attente du retour de sa mère, qui malheureusement ne reviendra jamais puisque décédée dans l'accident de voiture causé par l'alcoolisme de son père. Mais l'esprit de Bobby refuse cette réalité d'autant plus que lui et sa mère devait fuir ce père brutal. C'était leur secret. Alors il attend tout en créant des archives qui lui permettent de garder sa mère auprès de lui. Et puis il y a Sunny qui est le meilleur, et le seul, ami de Bobby. Il a décidé d'être son garde du corps et pour se faire il se transforme en cyborg (mi homme mi robot : je vous laisse découvrir sa recette). Et puis, il y a Val, maman célibataire ayant à charge une fille trisomique. Son métier : femme de ménage dans une bibliothèque ambulante : le bibliobus qui est à lui seul un personnage à part entière. Enfin, il y a Joe, enfant rejeté par son père, devenu militaire mais qui revient traumatisé par la guerre.
Rien ne prédestinait tout ce petit monde à se rencontrer ; et pourtant... Pourchassé par la police, ils vont vivre une très belle aventure que l'on ne retrouve que dans les livres.
C'est frais, c'est vivant, c'est vivifiant... Bref, cela vous fait aimer la vie.

mardi 7 juin 2016

LE DOMPTEUR DE LIONS - Camilla Läckberg

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C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel...
Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Voici le petit dernier de Camilla Läckberg et comme d'habitude c'est addictif et d'une noirceur abyssale. Nous retrouvons Patrik, notre inspecteur du grand froid, et sa femme Erica, qui continue de mettre son nez partout. Dans cet opus, nous découvrons l'univers glacial du serial killer pervers. Deux histoires se croisent pour nous amener à un final époustouflant même si on comprend assez vite que Fille n’est pas celle que l’on croit.
Erica commence l’écriture d’un nouveau livre et va rencontrer, dans sa prison, la principale et seule rescapée de cet effroyable homicide. Laila, épouse et mère de famille soumise à la violence de son mari, ex dompteur de lions. Laila qui a assassiné son mari après de nombreuses années de maltraitance vis-à-vis d’elle et de sa fille, Louise. Enfant maltraitée, attachée et nourrie tel un fauve au fond de la cave. Mais est-ce vraiment l’histoire ? Impossible pour Erica de savoir puisque Laila reste silencieuse. Parallèlement, Patrick est confronté à l’enlèvement de plusieurs filles dont une a été retrouvée vivante affreusement mutilée : plus d’œil, plus de langue… L’horreur ! Mais quel monstre hante Fallackbak et ses environs et commet de telles horreurs. Évidemment, Erica ne peut pas se contenter de s’occuper de ses enfants et de son livre. Il faut qu’elle garde un œil sur l’enquête et y mette son grain de sel.
Et voilà... Des nuits blanches en perspective car ce polar de par son sujet et son rythme haletant nous tient en haleine du début à la fin. De plus le final, même si dès le début on pressent la vérité, est tout a fait inattendu.



 

samedi 4 juin 2016

LA BATAILLE DE PENANG - ROBERTSON, John R.

 De la guerre civile chinoise à la mutinerie de Singapour, La Bataille de Penang retrace les événements dramatiques du début de la Première Guerre mondiale en Asie, au moment où les forces navales de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie et du Japon expulsent les Allemands de leurs possessions coloniales en Extrême-Orient et dans le Pacifique.
C’est dans ce contexte qu’apparaît le combat d’arrière-garde de l’Emden, le croiseur allemand qui coula une vingtaine de navires marchands avant de rejoindre l’île de Penang, où il profita de la négligence des autorités portuaires pour détruire deux navires alliés, le Jemtchoug et le Mousquet. Les Britanniques mirent cette tragédie sur le compte des Russes et des Français. Deux semaines plus tard, le HMAS Sydney scellait le sort de l’Emden. En parallèle, la montée en puissance de la marine japonaise et la prise de Tsingtao dressent le décor de la guerre sino-japonaise deux décennies plus tard.
La Bataille de Penang offre ainsi un nouvel éclairage sur la débâcle qui a eu lieu parmi les navires de guerre alliés en Asie du Sud-Est et réhabilite la marine française grâce à de nombreux documents inédits, l’auteur ayant mis à jour pour la première fois les archives françaises et russes.


Quand on parle de la guerre 14-18, on pense, enfin pour ma part, France, Allemagne, tranchées, Verdun. Enfin, bref, on oublie qu'il s'agissait d'une guerre mondiale et que le théâtre des opérations n'était pas uniquement la France. Ce livre nous permet de remettre les pendules à l'heure et de revoir nos cours d'histoire.

Ce livre aborde deux thèmes que j'affectionne : l'histoire et l'Asie. D'abord, parlons un peu de la couverture car nous parlons toujours de l'intérieur et jamais de l'extérieur. La couverture est magnifique et très attirante. Je pense que sur un rayon, elle attire le regard. Ce bleu dégradé nous fait penser à la mer et à ses profondeurs ainsi qu'au ciel. Au centre, un médaillon avec les trois navires concernés ainsi que leur capitaine respectif. Cette couverture est sobre tout en étant très expressive.
Concernant le contenu, nous assistons à un véritable cours d'histoire avec ce qu'il faut de documents de l'époque, de photos, de cartes et de témoignages. Trois grands dossiers photographiques qui suivent l'évolution de cette guerre. Les photos sont regroupées par pays : France, Grande Bretagne, Allemagne, Japon, Russie et bien sur Chine. 

A première vue cette histoire nous fait penser à Pearl Harbor : des navires de guerre au repos dans la rade, un mitraillage qui envoie par le fond bateaux et marins. 
Situons d'abord le décor du drame. Penang est une île de Malaisie. L'Allemagne, comme de nombreux pays, possède une concession en Chine qui n'est pas encore la puissance que nous connaissons mais qui attise la convoitise de nombreux pays. C'est une base commerciale très importante. L'Allemagne envoie donc son croiseur, le Emden afin de jouer les perturbateurs sur le commerce des autres nations. Un seul endroit semble propice à ce petit jeu : le détroit de Malacca alors sous dominance anglaise. C'est un étroit corridor maritime qui relie le port George Town et la péninsule malaisienne. Aussi bizarre que cela puisse paraître, mais c'était aussi le cas pour Pearl Harbor, personne ne monte vraiment la garde. Tout le monde est au repos, les feux clairs et personne ne fait attention à ce bateau qui se glisse dans la nuit. Pour excuse, nous sommes dans une zone commerciale très active et la navigation est autorisée de nuit.
Afin de passer inaperçu, l'Emden se dote d'une quatrième cheminée ce qui lui permet, de loin, de passer pour un navire anglais. Ce tour de passe passe, lui permet d'approcher au plus prêt des bateaux ancrés et d'ouvrir le feu sans trouver de résistance. 
Voilà un résumé succinct de l'aventure. 
Bon je suis toujours un peu embêtée lorsque je dois dire des choses désagréables sur un livre que l'on m'a offert. Mais bon... C'est un récit cent pour cent historique, ce n'est pas un roman ni une histoire racontée. C'est un cours d'histoire très théorique donc ce n'est pas une lecture pour le soir. Beaucoup de personnages se croisent et il est donc difficile de se rappeler qui est qui. Beaucoup de points sont abordés : la politique du moment, les enjeux commerciaux, la guerre, les envies de certaines personnes à laisser leur empreinte dans l'Histoire.
C'est très intéressant mais très difficile à lire. Je n'ai pas beaucoup eu de plaisir à lire ce livre même si j'ai appris beaucoup de choses. A réserver à un public averti.