samedi 24 octobre 2015

DANS LA VILLE EN FEU - CONNELLY, Michael

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1992. Los Angeles est en proie aux émeutes et les pillages font rage quand Harry Bosch découvre, au détour d’une rue sombre, le cadavre d’Anneke Jespersen, une journaliste danoise. À l’époque, impossible pour l’inspecteur de s’attarder sur cette victime qui, finalement, n’en est qu’une parmi tant d’autres pour la police déployée dans la ville en feu. Vingt ans plus tard, au Bureau des Affaires non résolues, Bosch, qui n’a jamais oublié la jeune femme, a enfin l’occasion de lui rendre justice et de rouvrir le dossier du meurtre. Grâce à une douille recueillie sur la scène de crime et une boîte noire remplie d’archives, il remonte la trace d’un Beretta qui le met sur la piste d’individus prêts à tout pour cacher leur crime. Anneke faisait peut-être partie de ces journalistes qui dérangent quand ils fouillent d’un peu trop près ce que d’autres ont tout intérêt à laisser enfoui...

Un nouveau Connelly qui remet en scène Harry Bosch toujours aussi attachant, irrespectueux de la hiérarchie et que nous retrouvons avec plaisir.
Muté aux cold cases, Harry Bosch frôle la soixantaine et a signé un dernier contrat retardant son départ en retraite. Point de départ pour cette nouvelle enquête, deux faits réels : l'opération Tempête du désert en 1991 et les émeutes de Los Angeles à la suite de l’acquittement, en mars 1992, de quatre policiers ayant tabassés un automobiliste arrêté en état d’ivresse. La fameuse affaire Rodney King.

A l’époque, chargé de patrouiller pour ramasser les victimes du chaos, Bosch et son équipier étaient tombés sur le corps d’une photojournaliste danoise, abattue dans une ruelle sombre. Vingt ans plus tard, un chef zélé rouvre l’enquête avec des arrière-pensées politique.
Commence une enquête pleine de rebondissements et addictive, comme toujours. Nous suivons Harry Bosch, qui fait cavalier seul, dans ses réflexions et ses interrogatoires. Ce livre est plus centré sur l'enquête et beaucoup moins de passage sur la vie personnelle de notre enquêteur, même si la relation père-fille reste présente. L’intrigue est extrêmement bien ficelée. Harry Bosch fourre son nez partout, n'en fait qu'à sa tête, ce qui ne plaît pas à tout le monde.
Le dénouement offre de bonnes surprises et de l’action. Nous sommes tenu en haleine jusqu'au bout ! En effet, jusqu’à la dernière page l’auteur nous révèle des éléments de l’énigme. Au fur et à mesure des pages, se forme le puzzle dans la tête d’Harry Bosch (et dans la notre). Un très bon moment de lecture.

lundi 12 octobre 2015

LES PILIERS DE LA TERRE - FOLLETT, Ken

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Le roman se passe dans l'Angleterre du XIIème siècle. L’auteur brosse en toile de fond un contexte historique perturbé par la guerre entre les prétendants au trône, la famine et la lutte pour le pouvoir entre politiques et religieux. Ken Follett met en scène plusieurs personnages issus de différentes classes sociales. On suit donc tour à tour Philip, le prieur de Kingsbridge, la famille de Tom le bâtisseur, William qui se bat pour son titre de comte, Ellen, la hors-la-loi aux allures de sorcière ou encore Aliéna, fille d’un comte déchu. Le point central qui relie ces différents personnages est la construction de la cathédrale de Kingsbridge, enjeux des espoirs et des querelles. Entre passion et haine, envers et contre tout, le bâtiment s’élève peu à peu.

Cela faisait un petit moment que ce livre tronait dans ma PAL. Je l'avais commencé, abandonné et enfin lu pour mon plus grand bonheur. On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer en lisant ce roman d'aventures très dense, tant les intrigues sont passionnantes et les rebondissements nombreux. Fresque historique avec fil rouge la construction de la cathédrale qui s’appuie sur des complots, guerre de succession, rebondissements liés à la construction de la cathédrale ou au conflit qui oppose les deux familles, Hamleigh et Shiring.
Je ne peux que souligner le talent de l’auteur pour évoquer des sujets comme l’architecture d’une cathédrale ou les intrigues d’une guerre civile sans être rébarbatif. Les descriptions sont constructives et dénotent d'une profonde recherche de documentation de la part de l'auteur. Fruits de recherches poussées sur le Moyen-Âge et les bâtisseurs de cathédrales, ces 1000 pages rassemblent tous les tomes de cette saga à succès, qui a même été adaptée en série télévisée.
Les personnages sont très intéressants chacun à leur manière : certains sont attachants, d’autres détestables. Ils sont tous très convaincants. J’ai adoré le prieur Philip qui est un personnage tantôt trop orgueilleux et égoïste mais peut être perçu comme généreux et fiable ; il est attachant même si par moment on aimerait bien lui mettre un coup de pied aux fesses.
Mais le personnage le plus inattendu est bien entendue : LA CATHEDRALE. Tout tourne autour de sa construction et sans elle pas d’intrigue, pas d’histoire. Même s'il ne s’agit que d’un support propre à relater la vie au XIIe sciècle et à mettre en avant un fond historique sur lequel viennent se greffer plusieurs intrigues, plusieurs destins. Elle permet aussi de découvrir une confrérie, les maîtres maçons, la solidarité mais aussi la rudesse qui l’anime.

C’est un roman très long (cela faisait longtemps que je n'avais relevé un tel défis) mais franchement, c'est avec un certain regret que j'ai refermé le livre. J'aurais bien poursuivi encore cette aventure même si j'ai vu qu'il y avait une suite.

dimanche 11 octobre 2015

UN AVION SANS ELLE - BUSSI, Michel

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Lyse-Rose ou Emilie? Quelle est l'identité de l'unique rescapé
d'un crash d'avion, un bébé de trois mois?
Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule. Dix- huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

Présenté comme cela, rien à redire. C'est accrocheur, plein de promesses... En plus, Michel Bussi, j'adore.. Mais voilà, autant ses précédents livres, j'ai littéralement dévoré, là, je n'ai pas du tout été enthousiasmée. Seules les cinquante dernières pages ont retenu mon attention. L'intrigue, nulle.  Dès le départ on comprend que les deux familles ont beau s'entretuer, ça ne colle pas. L'histoire est d'un ennui. le récit alterne les points de vue entre le journal du détective (d'une monotonie à vous décrocher la mâchoire) et les différents protagonistes, notamment Marc, le "frère" de Lylie. 
Déjà l'alternance des deux, ça coupe l'ambiance d'autant plus que le journal n'apporte rien du tout. Je penses, mais cela n'engage que moi, que développer l'enquête menée par Marc aurait suffit. 
Bon, on va pas plus casser l'ambiance. Je dis simplement vivement le prochain Michel Bussi.






LA PART DES FLAMMES - NOHANT, Gaëlle

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Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout Paris se presse rue Jean Goujon à la plus mondaine des ventes de charité.Les regards convergents vers le comptoir n°4, tenu pas la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu'en dira t on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d'Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d'une politesse exquise qui vous assassine sur l'autel des convenances, la bonté de Sophie d'Alençon leur permettra t elle d'échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leur destins scellés lors de l'incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe au cœur d'une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

A partir, d'un fait divers réel, Gaëlle Nohant trace le portrait de trois femmes rebelles mais séquestrées par les conventions. Trois portraits magnifiques et inoubliables. 
J'ai eu connaissance de ce fait divers en lisant les diverses biographies de Sissi (mon petit côté fleur bleue). Dans ce dramatique incendie est décédée la sœur de Sissi, la princesse Sophie-Charlotte d'Alençon. Se servir de ce fait comme point de départ d'un roman est original et permet de rendre hommage à ces dames qui n'étaient considérées par la société des hommes que comme des poupées de porcelaine.

La révolution française est passée par là ainsi que la Commune de Paris. Bien qu'en fin de course, l’aristocratie est toujours bien présente et influente. C’est cette atmosphère de fin de règne qui sert de toile de fond à ce roman historique. Historique tant les recherches effectuées restituent parfaitement ce monde vivant en vase clos entre dîners fins, spectacles et autres plaisirs. Nous découvrons le monde des dames patronnesses, ces femmes de l’aristocratie qui font œuvre de charité en aidant les plus pauvres. Certaines par conviction profonde, d’autres pour se donner bonne conscience ou juste pour se montrer.
En ce mois de mai 1897, un événement phare va avoir lieu : le Bazar de la Charité. Mis en place en 1885, cette grande vente au profit de bonnes œuvres est l’événement où il faut être. Cet événement se déroule sur 4 jours. Mais le deuxième jour, alors que le nonce vient de bénir le bazar, un incendie d'une rare violence se déclenche. Trois femmes vont être unies par ce drame dans lequel beaucoup de ces dames patronnesses vont trouver la mort et qui va laisser les survivantes traumatisées.
Ce roman nous relate la renaissance de ces femmes qui se sont retrouvées face à elle même  et qui décident, chacune à sa façon, de donner un sens nouveau à sa vie et, quelque part, de donner naissance au féminisme. 
Certaines critiques sur internet souligne le fait que le livre est écrit à la manière d'un roman feuilleton. Sans doute mais cela ne m'a pas gêné, au contraire la lecture n'en que plus lisible et facile. Les faits historiques se mélangent parfaitement à la fiction jusqu'à nous faire oublié, par moment, que c'est effectivement une fiction. Dans un article de l'express, j'ai aussi vu que le journaliste comparait ce roman à la série "Downton Abbey". Je ne sais pas si vous connaissez cette série ; pour ma part, je suis une addicte. Et c'est vrai, on peut dire que ce livre est "une sorte de Downton Abbey en plein Paris."
Une très belle découverte de cette rentrée littéraire 2015. De plus, n'hésitez pas à aller compléter votre documentation sur le site Gallica qui est vraiment très riche de récits, de journaux de cette époque.