jeudi 27 août 2015

LA DÉFENSE - CAVANAGH, Steve

« Imaginez un croisement entre Le Verdict de Frank Galvin et La Firme de Mitch McDeere et vous obtenez Eddie Flynn, vif, malin et sur le fil du rasoir, dans ce thriller haletant. » Adrian McKinty
 
Autrefois, Eddie Flynn était un escroc doué. Ensuite, il est devenu un avocat retors, craint par ses pairs. Deux carrières aux étranges similitudes... Eddie n'a pas mis les pieds dans un prétoire depuis un an. Aujourd'hui, il n'a plus le choix. Volchek, le tristement célèbre chef de la mafia russe, lui a arrime une bombe dans le dos et menace la vie de sa fille. S'il veut la sauver, il ne lui reste plus qu'a défendre Volchek dans un procès pour meurtre perdu d'avance... et il n'a que quarante-huit heures pour cela.

Je dois dire que la quatrième de couverture est assez alléchante : on nous promet du John GRISHAM croisé avec du Bruce WILLIS ; tout un programme. Avant toute chose, il est bon de signalé qu'il s'agit du premier roman de Steve Cavanagh qui est lui-même avocat (il a remporté le plus gros procès pour discrimination raciale d'Irlande du Nord). Ce livre sera publié le 16 septembre 2015 aux éditions Bragelonne.
Pourquoi l'ai je déjà en ma possession ? Et bien, j'ai été sélectionné lors de l'opération Masse critique du site 
J'ai donc en ma possession, une avant première et il est même écrit sur la couverture "Épreuve non corrigée". J'ai vraiment été gâté cet été.
 
Mon gros regret s'est d'avoir trouvé plus de Bruce WILLIS que de John GRISHAM et c'est bien dommage car ce qui est intéressant dans ce genre de polar (enfin pour moi) c'est le côté juridique, plaidoirie. Découvrir la justice Américaine, ou d'un autre pays, est toujours passionnant ; les petits coups bas des avocats, les juges qui viennent mettre leur grain de sel, l'enquête diligentée par les parties pour tirer leur client de la panade ou au contraire l'enfoncé. Çà c'est passionnant. Savoir qu'il a sauté par la fenêtre, qu'il sait se battre c'est le petit plus qui rend vivant le roman. Mais franchement, faire passer un avocat arnaqueur pour un sur homme.. Bof. Ce qui m'énerve le plus dans ce genre c'est qu'un homme seul arrive à déjouer la mafia russe alors que le FBI est dessus depuis des années et n'arrive à rien. Et lui en 48 heures... hop. Mais bon, il est vrai que l'écriture visuelle permet d'imaginer un bon film télé ou cinéma.
A part cela, que dire. Et bien, c'est un polar qui se lit vite et avec envie. Les pages se tournent facilement parce que l'intrigue nous tient quand même en haleine et que, franchement, le personnage d'Eddie est vraiment attachant. 
Comme il s'agit d'un premier roman, l'auteur a voulu nous présenté son personnage à travers une affaire antérieure et parfois il y a télescopage des deux et on se perd un peu mais on raccroche très vite.

Mais franchement, une bonne découverte pour la rentrée littéraire 2015 et j'espère retrouvé Eddie très prochainement dans de nouvelles aventures.

samedi 15 août 2015

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE - CHATTAM, Maxime

Téléchargé
Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen... Pour son vingtième roman, Maxime Chattam s’amuse donc à dresser le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen, un pervers psychopathe, de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle.

Je dois dire que j'ai failli arrêté la lecture après le premier chapitre qui est glaçant (âmes sensibles, s'abstenir). Ma première réaction a été : pourquoi tant de violence gratuite, ne peut on plus lire un polar sans que chaque auteur surenchérisse sa dose d'hémoglobine ? Mais en même temps, en chacun de nous sommeille un côté voyeurisme qui nous oblige à aller au bout. Et puis, ce n'est pas tous les jours que nous pouvons assister, jour après jour, année après année, à la naissance d’un psychopathe en puissance.

Autant vous prévenir, tout au long des pages, d'autres scènes sont aussi très violentes. Et c'est à travers cette violence que Maxime Chattam nous donne vraiment l'impression d'être dans la tête de Jon Petersen, de comprendre son mode de fonctionnement, de nous trouver de l'autre côté de la barrière, de ressentir cette frénésie meurtrière, ce déferlement de rage diabolique, et ce détachement terrifiant... 
Et puis il y a l'opposition de bien et du mal. Le bien est représenté par un shérif à l'ancienne, avec sa moustache, son air débonnaire et bon enfant. Le mal, c'est le mal absolu, un type froid, sadique, pervers, qui n'a rien d'humain mis à part l'apparence. Et puis, il y a Riley, ce pauvre petit bonhomme que l'on a envie de  prendre par la main pour le soustraire à toute cette violence, à toute cette horreur.
L'ambiance n'est pas s'en rappeler les petites villes de Stephen King. Une bourgade perdue au fin fond de l’Amérique. Chaque habitant se connait mais s'évite quand même ; on y survit plutôt qu'y vivre. 
Ce qui m'a dérangé dans cette histoire, c'est la présence d’un narrateur mystérieux. Il intervient de temps en temps dans notre lecture, pour nous éclairer sur certains points. Alors je me suis demandée plusieurs fois de qui il pouvait s’agir, et franchement la fin m'a déçue et l'idée qui est soumise ne me convainc pas du tout. Au contraire, cela m'a dérouté et a gâché mon plaisir.

Si vous aimez la noirceur, alors plongez dans ce livre, mais pas le soir avant de vous endormir.



vendredi 14 août 2015

SANSONNETS, UN CYGNE A L'ENVERS - THIRY, Pierre

Ce recueil m'a été aimablement offert par Monsieur THIRY qui m'a contacté pour me proposer son livre contre une critique de ma part. Je dois bien avouer que ma réaction première a été de décliner car je ne suis absolument pas poésie. Et puis, la nuit portant conseil, je me suis dit : pourquoi pas sortir des sentiers battus et se laisser surprendre. J'ai fureté un peu sur internet, les critiques avaient l'air bonnes sans l'ensemble, alors, j'ai dit oui.

Présentation de l'éditeur

Ces cent sonnets ont été écrits un peu n'importe quand, lorsque j'avais du temps : à l'arrêt d'autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d'attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans ma cuisine, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en attendant mon tour à La Poste, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant au sourire chaleureux de la meilleure des amies, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l'étang des cygnes... 

Je dois dire que je me suis trouvée bien embêtée avec ce petit recueil entre les mains (120 pages environ) ; comment le lire. Au début j'ai commencé à lire comme un roman, page après page. Mais je me suis vite retrouvée à m'ennuyer. Alors, j'ai décidé de picorer ces sonnets au grès des titres et de mon humeur.
Et là, le miracle s'est opéré, lentement. Petit à petit j'ai pris goût à cette lecture originale, j'ai apprécié de lire du bon français avec ses jeux de mots, ses images qui se forment dans notre esprit. Je ne peux pas vous résumer ce livre comme je le fais habituellement car il n'y a pas d'histoire juste des pensées qui vont et viennent dans la tête de l'auteur. Ce livre est un condensé de ressenti, d'humeur, de constat sur notre façon de vivre. Après chacun aura un ressenti propre à lui, mais ce qui est sûr, c'est que l'on se laisse porter par le rythme de ces sonnets qui peuvent être lents ou rapides et franchement, étant dans une période assez sombre, c'est une jolie fenêtre face à la douleur et cela nous permet de nous échapper de ce monde médical pas si tendre que cela.
Sans hésitation, je conseille ce livre à tout ceux qui veulent s'évader, qui veulent rencontrer des mots maniés avec justesse et plaisir. On ressent tout l'amour de l'auteur pour ces lettres qui mises bout à bout nous donnent des sonnets et beaucoup de plaisir.
Allez, un petit pour la route qui est l'un de mes préférés :

 Il faut toujours attendre le bus avec un livre


Il faut être en quelque sorte eskimo
En hiver pour attendre l'autobus...
Il fait froid, il faut trouver des astuces
Pour réchauffer l'attente en quelques mots.

La rue du Champ des oiseaux sinistre et
Morne en décembre à l'arrêt d'autobus
Il faut y être habillé comme un Russe
Dans la steppe des joyeux sinistrés.

Dans la bise on frissonne sans manteau,
Cet endroit est bien plus froid qu'un château
Dont sont ouvertes toutes les fenêtres.

Soudain à gros flocons tombent la neige.
Je n'ai ni chapeau ni chapka, que n'ai-je
Même un vieux bouquin sous lequel me mettre ?

vendredi 7 août 2015

DE MORT NATURELLE - OSWALD, James

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Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, 
cambriolages et autres accidents  –, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.
Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le « bleu » Stuart MacBride –, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler… 
J'ai reçu ce livre car j'ai été sélectionnée lors de l'opération "Masse critique" du site


Je les en remercie ainsi que les Editions Bragelonne pour 
cette merveilleuse découverte.
C'est donc un premier roman d'un homme pas comme les 
autres : fermier le jour et écrivain la nuit. Rien que cela, ça nous
titille déjà. 
Pour un premier essai, je dois dire qu'il est concluant et j'espère
retrouver l'inspecteur McLean très bientôt. Le début est un peu 
gore et le suplice de la jeune fille un peu trop détaillé à mon goût.
Mais une fois que l'on a passé ce chapitre, c'est un régal. Une
enquête menée tambour battant même si parfois on a envie
de mettre un coup de pied au fesse à Tony pour qu'il ouvre 
les yeux un peu plus vite. Associé Satan à un tueur en série
permet de mettre une touche d'originalité au polar mais à mon
avis cela n'était pas nécessaire. L'enquête en elle même s'auto-
suffisait. Le lieu, aussi, est bien choisi : l'Ecosse le pays de tous les 
fantômes nous permet de rentrer pleinement dans cette histoire.
Un bon polar qui nous apportera fraicheur par ce temps de canicule.