vendredi 19 juin 2015

PANDEMIA - THILLIEZ, Franck



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 Le nouvel opus de Franck Thilliez est dans la continuité d’Angor, qu'évidemment je n'ai pas lu. Heureusement pour moi, Pandemia peut se lire indépendamment.

Amandine est scientifique à l’institut Pasteur pour la cellule d’intervention d’urgence. Avec un de ses collègues, elle est appelée dans une réserve ornithologique afin de faire des prélèvements sur trois cygnes morts. Est-ce une petite maladie touchant simplement les oiseaux, ou est-ce plus grave ? Dans le même temps, un sac rempli d’ossement est trouvé dans l’étang, nécessitant d’appelant des renforts policiers. Sharko et l’équipe auquel il appartient sont donc mis sur l’enquête. 
Plusieurs enquêtes qui sont interconnectés. Des animaux morts qui conduisent à des cadavres, des cadavres à plus d’horreurs. Et au milieu de tout ça, des flics, des êtres humains qui essaient de faire leur travail, mais surtout de garder leur santé mentale face à tellement d’horreur. 
A coup de chapitres courts mais toujours habilement amenés, l’auteur déroule une intrigue incroyablement prenante qui nous entraine dans le monde de l’infiniment petit et invisible. Thilliez nous aspire pour une immersion totale dans un univers dur et terrifiant mais tellement proche de notre quotidien.
Les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, sont très intéressants car ce sont des gens ordinaires avec des métiers pas ordinaires. Ce livre vous prend aux tripes et ne vous lâche pas jusqu'à la dernière page.
Totalement ancré dans la réalité et l’actualité (Ebola ou ce qui s'est passé en Syrie), c’est le style d’histoire dont on ne ressort pas indemne mais en même temps, nous voilà plus intelligent et davantage impliqué dans le monde qui nous entoure. Le récit pousse à la réflexion. Les recherches scientifiques réalisées sont minutieuses et c'est pour cela que l'histoire semble si réaliste.
A lire absolument.


Franck Thilliez sur RTL

lundi 8 juin 2015

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel – PUERTOLAS, Romain

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Providence, facteur de profession et belle plante de naissance, a un vrai coup de cœur pour Zahera, sa très jeune voisine de lit à l’hôpital de Marrakech, atteinte de mucoviscidose et orpheline de surcroît. Elle se met donc en tête d’adopter la jeune marocaine et de la ramener à Paris pour la faire soigner par les meilleurs spécialistes. Après beaucoup d’acharnement et de  nombreux allers et retours entre la France et le Maroc, Providence obtient enfin le fameux sésame et promet à Zahera qu’elle viendra la chercher, avant que la lune ne se lève.
Mais c’est sans compter sur le fameux volcan islandais et son nuage de cendres qui empêche tous les avions de décoller… Commence alors une course effrénée contre la montre entre Providence qui se met en tête de défier les éléments pour ne pas faillir à sa promesse, et Zahera qui s’éteint lentement assaillie par un nuage qui l’étouffe.

J’ai apprécié faire la connaissance de Providence, de Zahera, du contexte, des péripéties qui se suivent pour faire avancer l’histoire. Un être humain qui vole, voilà une affaire qui semblait mal engagée ! Cependant, je me suis laissée prendre au jeu. La puissance de l’amour maternel qui donne des ailes, qui permet de réaliser l’impossible, un peu de fantaisie dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal ! J’ai poursuivi, curieuse de connaître le fin mot de l’histoire. Qui plus est, le suspens autour de la quête de Providence n’est pas la seule chose qui nous pousse à aller vers une fin qui, en toute honnêteté, m'a stupéfiée.
Personnellement, je n'ai pas lu L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa et je ne sais pas si je le lirais. J'ai passé un agréable moment de lecture mais ce n'est pas ma tasse de thé  : l'histoire est intéressante, pleine d'humour, pleine de tendresse  et de la dérision à la mode bisounours. Cela permet de passer un bon moment, et de retrouver son âme d'enfant. Mais Puertolas ne se contente pas d’être drôle, il sait être émouvant. L’on rit bien sûr à l’évocation de toutes ces mésaventures. Le ton est léger, inconséquent, railleur et pourtant son écriture révèle une vérité humaniste, une grandeur d’âme qui ne peut que nous attendrir.