jeudi 26 février 2015

TOUS LES DEMONS SONT ICI - JOHNSON, Craig

Craig Johnson sort chaque début d'année une nouvelle aventure de Walt Longmire, son shériff du comté d'Absaroka, colosse bourru mais O combien symphatique, dont je suis fan. J'ai même téléchargé la série télévisée mais celle ci m'a déçue. Je n'ai pas retrouvé Walt et surtout Henry, mais ça c'est une autre histoire.
Cette fois, Craig Johnson envoie son héros seul, à la poursuite d'un dégénéré, un prisonnier enfuit brutalement d'un convoi de détenus. Commence alors une traque  impitoyable dans un blizzard de folie, et dont le dénouement culmine à presque 4000 mètres d’altitude sur un sommet des Bighorn. Bon, je vous l'accorde, c'est un peu dur à avaler et j'ai vraiment eu, par moment, beaucoup de mal. 
Raynaud Shade est un sale type doublé d'un grand psychopathe. Avec deux autres détenus, il est convoyé par Walt Longmire à la frontière de l'Etat pour aider le FBI à retrouver les ossements d'un gamin qu'il aurait assassiné. Evidemment, malgré le FBI et tous les moyens déployés, rien ne se passe comme prévu.  Shade, bénéficiant d'une complicité, parvient à s’enfuir, semant sur sa piste véhicules accidentés ou abandonnés, morts et blessés. Ossements aussi… Il s'enfuit avec les autres prisonniers et deux otages. Direction, le haut des Bighorns, Cloud Peak et ses 4 000 mètres d'altitude. Un vrai cul-de-sac. Représentant de l'ordre le plus proche des événements, Walt part à sa poursuite, sans attendre les renforts qui sont pourtant en route. Une poursuite faite de gelures, d'apparitions indiennes, de morts qui rôdent... Un magnifique huit clos montagnard.
 
Comme d'habitude, ce n’est pas l’intrigue qui passionne dans les romans de Craig Johnson. Non, c’est plutôt l’atmosphère, le cadre, une nature immense, hostile mais d’une grande beauté. C’est aussi la culture indienne qui habite le récit et lui confère une aura fantastique. Avec Tous les démons sont ici, Craig Johnson s'arrête beaucoup plus sur les descriptions jonglant avec des images fortes et pesantes tout droit sorties de l'Enfer de Dante. L'écriture est plus exigeante afin de mêler au décor, les pensées et les délires de Longmire au cours desquels il rencontrera Virgil White Buffalo, un Indien encore plus colossal que lui, affublé d’une carcasse de grizzli, grand amateur de bourbon et de friandises chocolatées. Un personnage haut en couleurs, comme aime à les imaginer Johnson. Craig Johnson confirme aussi son amour de la nature même quand celle-ci est dangereuse et dominante.

vendredi 20 février 2015

Mr MERCEDES - KING, Stephen

Je dois avouer que je n'ai pas suivi l'évolution de Stephen KING. Mes lectures sont restées à celles de ma jeunesse : Cujo, Carrie, Shinning. Ses autres livres ne m'ont pas attirés, trop de science fiction, de surnaturel, de fantastique.
Alors, lorsque j'ai vu les critiques encensées cet opus, j'ai renoué et franchement, je ne le regrette pas. Ici, pas de fantastique, juste une enquête, qui malheureusement au vue des derniers attentats que nous venons de subir ainsi qu'à Copenhague, n'est pas si éloignée que cela du possible, voire du faisable.

Ce roman  sort des sentiers battus auxquels l'auteur nous a habitué. Fini l'horreur, quoique... C'est avant tout un thriller et un roman d'investigation mais ce n'est pas un thriller dans lequel on cherche à deviner l'identité d'un tueur, parce que dès le deuxième chapitre, King nous le présente.
Mr Mercedes c'est l'histoire d'un détective retraité qui reçoit un courrier qui se veut être écrit par "le tueur à la mercedes". C'est un de ses dossiers qu'il n'a pas réussi à résoudre avant son départ à la retraite : une personne avait envoyé une mercedes dans une foule, faisant un vrai carnage.  Non content d'avoir tué huit personnes et d'en avoir blessé une quinzaine, cet individu retrouve la trace de cet inspecteur. Son but ? Pousser cet homme seul, déprimé, qui a terminé sa carrière sur un échec, à se suicider, tout comme le fut Olivia quelques mois plus tôt. Nargué par le tueur à la mercedes, le détective retraité va  sortir de sa torpeur et mettre son temps libre au profit de sa traque.
Comme le romancier a décidé dès le départ de nous donner l'identité du déséquilibré, le suspens ne réside plus dans le «qui à fait quoi?» mais plutôt dans le «qui va avoir la peau de l'autre?» et à ce jeu là, King se surpasse. Dire que le marchand de glaces est givré serait trop facile. Notre homme vit chez maman et partage avec elle quelques lourds secrets.  Face à ce danger difficile à identifier notre vieux flic n'a que son flair et quelques intuitions. Ce n'est pas suffisant. Le romancier lui adjoint dans un premier temps, Jerome, un étudiant noir qui s'occupe de son jardin et brille par son humour et par sa maîtrise de l’informatique.  Ensuite, il y a Holly, une femme, dont la fragilité émotionnelle et un goût pour la justice finissent par être un atout.
Ce livre arrive à faire monter crescendo une tension qui ne se relâchera pas jusqu'à la fin. Une fois les premières pages tournées, il est plus que difficile de s’arrêter. La tension s’insinue entre les lignes. L’auteur réussit à imprégner son lecteur du mal que diffuse le meurtrier.
D'après les critiques, il ne s'agit pas du meilleur roman de l'auteur, mais Stephen King -le Maitre de l'horreur- démontre qu'il possède un véritable talent de conteur. Pour moi, il s'agit du meilleur depuis pas mal d'années. Je pense, et cela n'engage que moi, que ce trio si bien planté devrait nous réserver une suite.



mercredi 4 février 2015

FOLLE HISTOIRE

Aujourd'hui, je ne vous parle pas d'un livre mais d'une revue. Mais d'une revue des temps modernes que l'on désigne sous le terme : les mooks. Cela a le gabarit d'une revue mais le nombre de pages et la présentation en font un livre. Dans ce format, les plus connus sont XXI, Schnock..
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Aujourd'hui en écoutant l'émission "L'heure du crime" de Jacques Pradel sur RTL, cette revue était à l'honneur en raison de la parution de son deuxième exemplaire. Ce trimestriel s'appelle "FOLLE HISTOIRE" et raconte des anecdotes incroyables mais vraies.
Le premier tome "Les aristos du crime" est paru en octobre 2014 et le second tome "Les grandes hystériques" parait demain.
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Je l'ai téléchargé en e-book, je ne sais pas si c'est le meilleur format pour une telle lecture car la revue est ponctuée de dessins, d'extrait de lettre, qui n'apparaissent pas à leur juste valeur.
Si je continue la série, je pense passer au format papier


lundi 2 février 2015

L'APPEL DU COUCOU - GALBRAITH, Robert

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L'auteur britannique de la saga Harry Potter, J.K Rowling a publié sous le pseudonyme de Robert Galbraith un roman policier : l'appel du coucou suivi fin 2014 par sa suite, Le ver à soi.

L’histoire est celle de Lula Landry, magnifique top-modèle que tout le monde s’arrache, même les paparazzis. Une nuit d'hiver glaciale, elle se défenestre sans laisser de mot et sans que personne ne comprenne pourquoi. Classée comme suicide, l’affaire s'arrête là, jusqu’à ce que trois mois après sa mort, son frère John décide d’engagé Cormoran Strike pour prouver que Lula ne s’est pas suicidée. Aidé par une jeune intérimaire qui a toujours rêvé d’être détective, il parcourra Londres à la recherche de la vérité et découvrira l’envers du décor plein de paillettes de la célébrité.

Après un début assez lent qui semble privilégier la vie amoureuse de Cormoran, nous voici, petit à petit, pris au piège du livre qui nous entraîne, mine de rien, vers un récit palpitant et réaliste. Bien mené, parfaitement rythmé l’Appel du Coucou s’inscrit dans la mouvance d'Agatha Christie, mais au fond, le récit vaut surtout pour ses personnages attachants ou détestables mais tellement "vrais". Le talent de J. K. Rowling est de créer des personnalités, d’en brosser les contours avec élégance, intelligence et finesse. Tout dans le récit sent la crédibilité et le réalisme, (la course poursuite dont est victime Lula par les journalistes n'est pas s'en rappeler celle qui fut fatale à la princesse Diana). Nous sommes entraînés dans un monde impitoyable, fait de paillettes mais aussi de mensonges, de cupidité, de duplicité et d’hypocrisie.
Franchement, j'avais émis deux théories quant au coupable, mais aucune n'était la bonne. Robert Galbraith nous livre un récit aboutit, minutieux ou chaque détail compte et a son importance.
Le livre à peine refermé, me voila à la recherche du deuxième volet.