samedi 27 décembre 2014

PUZZLE - THILLIEZ, Franck

Accepteriez-vous de mourir... dans un jeu ? Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu. Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L'un d'entre vous va mourir. Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir. Paranoïa peut alors réellement commencer...

Ce polar est construit comme un puzzle : chapitre après chapitre, chaque pièce se met en place, s'imbrique parfaitement jusqu'à nous mener au dévoilement du mystère. Nous plongeons dans l'univers des joueurs, pas au Casino, non des joueurs qui déchiffrent des énigmes, qui courent les chasses au trésor, qui ne font plus la différence entre le monde virtuel et le monde réel. Mais ou est la limite lorsque le jeu dépasse la réalité. Nous naviguons entre deux eaux : est ce réel, est ce le jeu ??? Comment savoir ? Comme si cela ne suffisait pas, Franck Thilliez nous attire dans le cerveau d'un tueur psychopathe, paranoïaque qui nous entraine dans sa folie à la découverte de la Divine Comédie et plus spécialement vers l'Enfer de Dante.
Ambiance sombre et glauque à souhait. Puzzle est savant mélange, à la française de Shinning et  de Shutter Island. Le petit hic, c’est qu'au bout de 200 pages nous avons déjà imaginé une grande partie du dénouement de l’intrigue, nous comprenons assez rapidement qui est qui. 
Je n'avais jamais lu Franck Thilliez  et ce roman m'a ouvert l'appétit : je sens que je vais m'intéresser à cet auteur et partir à la découverte de ses autres livres


lundi 15 décembre 2014

UN TÉMOIN GENANT - GERRITSEN, Tess

Une route déserte, la nuit... Soudain, dans la lumière des phares, la silhouette d'un homme qui court. Un homme blessé, traqué, implorant de l'aide...Quand elle porte secours à cet inconnu, Catherine est loin de se douter qu'elle va être entrainer bien malgré elle dans une course contre la montre mortelle. Elle  est intriguée par ce que cet homme surgit de nulle part lui raconte : il prétend s'appeler Victor Holland, être scientifique et avoir découvert un dangereux complot émanant de la Maison Blanche...Cet homme dit-il la vérité ? Même si elle en doute, Catherine, fascinée, décide de lui faire confiance et de l'aider à rassembler les preuves de ce qu'il avance. Catherine comprend que, désormais, les ennemis de Victor sont aussi les siens. 
En ce moment, nous avons le virus Ebola et nous ne pouvons nous empêcher de faire le parallèle  entre la réalité et la fiction. Des chercheurs fous qui ressuscitent des virus disparus pour imposer leur loi.
L'énigme est sympa mais c'est du déjà vu... ou plutôt du déjà lu et relu. Trop d'invraisemblance, manque de rythme, une histoire un peu trop simpliste.
Ce n'est pas le meilleur de Tess Gerritsen. L'histoire est trop prévisible, pas de vrai suspens puisque dès le début, nous devinons que Catherine et Victor, et bien seront plus que des amis, que les méchants se feront ne gagneront pas. Je ne dirais pas "A éviter" mais à lire si vous n'avez rien d'autre sous la main

LE RETOUR DE SILAS JONES - FRANKLIN, Tom

Nous pouvons classer ce roman dans les polars car il y a enquête sur des disparations et meurtres. Mais là n'est pas l'intérêt principal de ce livre. Ce que l'on retient c'est l'histoire, les personnages haut en couleur dans cette Amérique qui n'en finit pas avec la ségrégation raciale. Et puis il y a le lieu, le mythique Sud Américain, le Mississippi rural : ces villages paumés dans la forêt où les noirs sont tolérés mais pas acceptés, cette chaleur poisseuse qui vous colle à la peau, le regard des gens et leur désœuvrement qui vous suivent à chaque page. Sauf qu'ici, la partie dominante se sont les noirs et les blancs sont tolérés.

Deux personnages principaux : un blanc, un noir que rien n'aurait du rapprocher et encore moins en faire des amis.

Larry Ott, le blanc, a 41 ans. Depuis des années, il vit seul dans la maison de ses parents dont il a hérité et est passionné depuis sa plus tendre enfance par la lecture et notamment son auteur fétiche, Stephen King. Larry est mécanicien et a récupéré le garage de son père. Mais voilà, aucun client du coin ne s'y arrête. Seules quelques personnes perdues en chemin. Tous les habitants du coin évitent aussi bien Larry que son garage voire sa maison. Plusieurs années plus tôt, il a été impliqué dans la disparition d’une jeune fille, Cindy. Ils étaient allés ensemble au drive-in, et à l’issue de la soirée, elle a disparu. Son corps n’ayant jamais été retrouvé, Larry n’a pu être prouvé coupable, mais pour tout le monde, il l’est. Ainsi, Larry Ott est devenu « Larry le Pourri ».
Vingt ans plus tard, quand la fille des Rutherford disparaît dans des circonstances similaires, Larry est l’un des premiers soupçonnés.

Et puis, nous avons Silas, Silas Jones, le noir, l'enfant pauvre qui a fui Chicago pour se réfugier, avec sa mère, dans une cabane au fond de la forêt appartenant à la famille Ott depuis des générations.

Larry, adolescent pataud, bégayant, maladroit, perpétuellement en quête d'un ami, est l'un des plus émouvants personnage que le roman américain nous ait donné à connaître. Silas, adolescent bien charpenté qui a du succès au base ball et auprès des plus belles filles du coin. Une grande carrière de joueur s'offre à lui, tout lui réussi.

Le retour de Silas Jones est un portrait croisé de ces deux hommes que tout s'oppose et pourtant, que tout uni. Le roman est construit sur des flash-back qui plongent dans le passé des deux personnages. Et cette histoire simple - une histoire d'amitié trahie - prend peu à peu les dimensions d'une tragédie qui fait remonter tous les démons du vieux Sud, la confrontation des races, l'exploitation de la race noire par la race blanche. Tom Franklin multiplie les allers-retours entre passé et présent pour comprendre comment un noir pauvre, vivant dans une cabane, est devenu officier de l’ordre et, à l’inverse, comment un blanc se retrouve soumis à une vindicte publique à laquelle il n’oppose guère de résistance. Il semble se résigner. Au lieu de déménager, quitter cette terre hostile, il est resté et fait face sans broncher aux quolibets de toutes sortes. Mais les apparences pourraient-elles être trompeuses ?
Pendant que le puzzle se met en place, Tom Franklin nous transporte littéralement dans le Mississippi grâce à une écriture simple et facile d'accès, mais aussi très subtile.  Franklin s’attarde sur le paysage, procède à de longues et précises descriptions. La nature est une menace constante dont il vaut mieux garder ses distances. 

Tom Franklin est considéré comme le Faulkner du XXIe siècle. J'ai découvert cet auteur à travers son roman "La Culasse de l'enfer", magnifique roman inspiré de faits réels qui se déroule dans l'Alabama.
Dans ce roman ci, Franklin paraît moins excessif, plus apaisé. Plus banal, presque. Mais, trouant l'apparente sagesse de la narration, une scène - deux adolescents, deux amis, un Noir et un Blanc, se battant dans la boue pour la possession d'un fusil sous l'œil alcoolisé d'un père qui tire de cette confrontation une jouissance perverse - rappelle la violence dont est capable Franklin, et la cruauté de son univers.  Les sujets abordés sont graves, mais l'auteur ne tombe jamais ni dans le vulgaire, ni dans la facilité. A lire sans modération.

mercredi 3 décembre 2014

SAUVER NOEL

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas participer au club de lecture proposé par le site Babelio. Des lectures pas intéressantes, pas dans mon style (beaucoup de Fantasy à mon gout), des lectures tristounettes.. Bref, à l'approche de Noël, j'avais besoin de légèreté.
Ce mois ci, j'avais proposé le dernier Legardinier, Çà peut pas rater
Mais en lisant les différentes propositions, j'ai été séduite par le roman ou conte de Romain Sardou Sauvez Noël. J'ai donc oublié ma proposition et est votée pour ce livre que je me suis empressée de commander.
Hier, nous avons eu les résultats du vote et c'est Sauvez Noël qui a été élu lecture du mois de décembre.
Parfait, je viens de le recevoir et franchement, après dix pages, j'adore...
Allez à plus pour la critique.

lundi 1 décembre 2014

L'ÉPOUSE MODELE - CHAPMAN, Emma

Marta Bjornstad est femme au foyer. Elle fait son possible pour être une bonne épouse et respecter à la lettre les préceptes indiqués dans «L'épouse modèle», livre offert par sa belle-mère.
Tous les jours, elle prend des pilules. Si elle ne les prenait pas, elle ne serait pas stable. Pourtant, un jour, elle cesse le traitement. Elle commence à avoir des hallucinations, mais elle décide de ne pas reprendre ses médicaments et d'aller jusqu'au bout même si cela la fait sombrer doucement et irrémédiablement vers la folie.

L'intrigue, si l'on en croit certains faits divers, rejoint la réalité. Entre roman psychologique et énigme policière, nous oscillons sans cesse entre lucidité, hallucinations, retours en arrière, et réminiscences de ce qui a été inculqué à Marta. Où est la réalité lorsque le personnage central est décrit comme une schizophrène. Ce livre, comme il est écrit en quatrième de couverture,  ne laissera aucun répit au lecteur. 
Dès les premières pages, nous nous rendons compte que quelque chose ne tourne pas rond dans la vie et dans la tête de Marta. La routine apparente est teintée d'un malaise sous-jacent. Au fur et à mesure de notre lecture, nous nous faisons une idée et puis cela devient une certitude. Pourquoi continuer la lecture puisque nous sommes sûre d'avoir la solution. Mais voilà, le doute est là et Emma Chapman distille des renseignements avec lenteur, au gré des hallucinations et des sautes d'humeur de Marta. Elle s'y entend pour mener son lecteur où elle le souhaite.
Sans en faire trop, la romancière expose également très bien les personnages secondaires même si l’ambiguïté est toujours présente si bien que nous nous demandons qui est le personnage principal : Marta ou le doute ? 

Impossible de lâcher ce court roman (270 pages) si vous l'entamez, et de ne pas vivre les sensations angoissées et angoissantes de Marta. Mais franchement, je suis frustrée de n'avoir pas obtenue cette certitude car j'aime bien Marta.