mardi 29 juillet 2014

LE VOYAGE DE CENT PAS - MORAIS, Richard C

« Cet adolescent maigrichon possède ce petit quelque chose qu’on ne rencontre qu’une fois par génération. C’est un chef né. Un artiste. »

Ainsi débute l’ascension d’Hassan Haji, gourmet improbable du roman picaresque. Né au-dessus du petit restaurant de son grand-père à Bombay, Hassan grandit dans les senteurs de curry, entre les promenades dans les marchés aux épices et l’initiation à la bonne chère en compagnie de sa mère. Mais une tragédie pousse les siens vers l’exil. Direction l’Angleterre, d’abord, et, par la force des choses, la France et Lumière, un petit village du Jura dans lequel la famille Haji ouvre une gargote en face d’un respectable restaurant, celui de Mme Mallory, chef émérite. Une guerre culturelle et culinaire s’ensuit, jusqu’à ce que Mme Mallory accepte de prendre sous son aile le jeune Hassan, lequel finira par emprunter un chemin qui le mènera à Paris, vers de nouvelles aventures…

Cent pas, c’est la courte distance qui sépare le boui-boui familial de l’établissement deux étoiles. Une vie sera nécessaire à Hassan Haji pour les parcourir.

Vif, débordant de couleurs, de saveurs et d’arômes, Le Voyage de cent pas est une friandise succulente dans laquelle s’incorpore une réflexion sur la famille, l’immigration et les mystères du bon goût


Contrairement à ce que son titre prête à croire, ce sont des milliers de kilomètres que Hassan Haji va parcourir avant de devenir un grand chef cuisinier. Son enfance à Mumbai, à la frontière entre le bidonville et le quartier riche, s'achèvera par une tragédie qui décidera son père à immigrer en Angleterre. Après quelques années à Londres, le destin conduira toute la famille à s'installer dans le petit village de Lumière, au milieu des montagnes du Jura. Là, le père d'Hassan tentera de monter un restaurant indien et se heurtera à l'implacable inimitié de sa voisine Gertrude Mallory, une fervente défenderesse de la tradition culinaire française...

L'histoire est intéressante même si elle s'étiole au fil des pages. C'est vrai aussi que le grand bond en avant entre le moment où il quitte Lumière simple apprenti cuisinier et le moment où on le retrouve à Paris, propriétaire de son restaurant et titulaire de deux étoiles décernées par le Guide Michelin, résume très rapidement un pan de sa vie qu'il m'aurait paru intéressant de détailler. Au lieu de quoi, on a droit à une critique des guides gastronomiques et du système fiscal français qui tombe un peu comme un cheveu sur une soupe jusque là délicieusement parfumée. Malgré ces quelques réserves, "Le voyage de cent pas" reste un roman à dévorer avec gourmandise.


lundi 28 juillet 2014

DOMINION - SAMSON, Christopher John "C.J."

Et si les nazis avait conquis l'Angleterre ? Et si la Seconde Guerre mondiale avait pris fin en 1940 ? Soudain, l'Histoire prend un tout autre tournant... Dans la lignée d'Un hiver à Madrid, une oeuvre magistrale, un incroyable travail de reconstitution de l'Angleterre des années 1940/1950, une uchronie de haute volée, brillant pendant britannique du Complot contre l'Amérique de Philip Roth.Et si Winston Churchill avait été écarté du pouvoir en 1940 ? Et si les nazis avaient alors conquis l'Angleterre ? Entre roman d'espionnage, polar historique et politique-fiction, une oeuvre magistrale où l'auteur imagine le sort d'une Europe qui aurait pactisé avec le diable. Acclamé outre-Manche, un roman captivant, aux troublantes résonances contemporaines.

Hiver 1952. Douze ans que l'Angleterre s'est rangée du côté de Hitler après la prise de Dunkerque. Douze ans que le pays a perdu son indépendance pour devenir un dominion, un satellite de l'axe nazi. Douze ans que les services de la Résistance attendent un signe de Winston Churchill pour embraser le pays.

Parmi eux, David Fitzgerald, fonctionnaire d'origine juive, se voit confier une mission des plus périlleuses : protéger un scientifique porteur d'un secret classé défense. Un secret capable de renverser l'équilibre du monde et que la Gestapo est bien décidée à récupérer avant lui.

Aidé de la mystérieuse Natalia, artiste réfugiée d'Europe de l'Est, et de Ben, fougueux Écossais communiste, David va devoir prendre tous les risques pour tenter d'échapper aux sbires de l'officier Gunther Hoth. Mais est-il encore temps de changer le cours de l'Histoire ?

CJ Samson, connu pour sa série qui met en scène l’avocat bossu Matthew Shardlake sous le règne d’Henry VIII, revient ici avec une uchronie. En fait, l’intrigue s’articule autour d’une question, quel serait le monde si en 1940, l’Angleterre avait capitulé ?
Treize ans plus tard, le Royaume uni est devenu allié de l’Allemagne est vit sous son joug. Il s’agit là d’une occupation qui n’en porte pas le nom. Si les britanniques semblent résignés, certains suivent Winston Churchill. Ils se sont organisés et créent alors la Résistance. L’auteur présente quelques personnages que rien ne prédisposaient à devenir des héros de la Résistance faire preuve d’un courage pour combattre l’occupant !
Il ne m'a fallu que quelques jours pour lire ce pavé tant il est passionnant ! "Dominion" est un livre qu'on pourrait qualifier "de fiction historique" puisqu'il examine la situation dans laquelle se trouverait le monde, en particulier la Grande-Bretagne, si cette nation avait pactisé avec Hitler plutôt que d'entrer en guerre contre l'Allemagne. Il en découle une sorte de pétainisme britannique qui connaît pourtant ses mouvements de résistance largement inspirés de la résistance française. Il faut ajouter que, parmi les personnages secondaires, le fameux smog, le brouillard londonien, joue un rôle non négligeable. Par ailleurs, les personnages sont excellemment caractérisés, par des milieux sociaux, des façons de parler, des histoires familiales différentes, ce qui les amène à faire des choix politiques différents. Certains personnages historiques, entre autres Churchill, apparaissent dans le livre, mais ils agissent, bien évidemment, tout autrement que dans la réalité historique qu'ils ont réellement vécue.
Le talent de C.J. Samson est toujours présent, il sait écrire des histoires qui emportent le lecteur et distille, l’air de rien, des informations historiques sans tomber dans le didactisme.

Lorsque la presse britannique parle de la description d'une société « qui aurait pu être », et Samson lui-même, « d'univers alternatif », on est tenté de leur donner raison. Samson décrit une Angleterre grisâtre et déprimée où les signes de l'après-guerre se mêlent à un univers à la Vichy. Le livre tire une grande part de son intérêt de cette construction minutieuse, qui est de nature à faire réfléchir. S'il ne fascine pas, Dominion intéresse. 

mercredi 9 juillet 2014

LA BETE - HERMARY VIEILLE, Catherine

Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan, on a moins peur des loups, que l'on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Seul le père Chastel sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de «secrets». Mais lorsque la région devient la proie d'un animal aussi sanguinaire qu'insaisissable, comme vomi par l'enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, cet étrange garçon solitaire et sauvage, échappé des geôles du dey d'Alger ?






Avec son art de mêler histoire et mythe, la romancière nous entraîne cette fois sur les traces d’une légende, la bête du ­Gévaudan. Cette légende bien connue cache un fait divers atroce, attesté par de nombreux documents historiques qui dénombrent plus d’une centaine de victimes affreusement agressées, démembrées et dévorées entre 1764 et 1767. Mais dès le départ ou presque – et c’est son coup de génie –, elle nous dévoile le mystère. On est en compagnie de la bête, à la fin du XVIIIe siècle, dans un village hanté par la peur des sorciers et des loups-garous. Comme l’a supposé un vieux sabotier s’adressant au louvetier, tueur de plus de 1 000 loups : « On dirait qu’elle obéit à un maître. » En effet. Et c’est ce maître qui intéresse l’écrivaine, car c’est lui qui est vraiment « la bête ».

Certains lecteurs ont crié au scandale à la lecture de La Bête car ce roman ne relate pas la vérité. En effet, Catherine Hermary Vieille a choisi de reprendre une ancienne version de la légende, depuis largement réfutée par les enquêteurs, et de la ré-écrire avec les yeux du présumé meurtrier. Ainsi, ce n’est pas l’aspect terrifiant du roman qui est défendu, puisque cette approche a le désavantage de supprimer tout le mystère lié aux agressions, mais sa profondeur psychologique, car Catherine Hermay Vieille invite le lecteur à pénétrer un esprit meurtri, torturé par la souffrance et l’injustice. Comment la folie meurtrière peut-elle accaparer l’esprit d’un homme ? Pourquoi tuer, et tuer encore ? Le lecteur accompagne cet homme dans les ténèbres et le voit lentement devenir une bête, un être sauvage dominé par ses pulsions et son besoin de vengeance

Ce livre est court, mais il est bigrement efficace. Le style concis de l’auteur est très appréciable : Catherine Hermary-Vieille choisit ses mots afin de nous livrer un ensemble percutant. Le tout est dynamique, a aucun moment je ne me suis ennuyée, et rien n’est superflu… Chaque épisode présenté sert à la compréhension de l’histoire, on ne se perd pas dans des détails inutiles.
En conclusion, un roman très intéressant et captivant.


mercredi 2 juillet 2014

HIGGINS CLARK, Mary


Mary Higgins Clark née le 24 décembre 1969 à New York , est une écrivaine américaine, spécialisée dans le romain policier et le roman de suspense.
De son mariage avec Warren Clark, elle a eu une fille, Carol, elle-même écrivain sous le nom de Carol Higgins Clark, tandis que sa belle-fille Mary Jane Clark est elle aussi auteur de romans policiers et de comédies romantiques.

Biographie

Mary Higgins Clark est née aux États-Unis le 24 décembre 1929 dans une famille d'immigrants irlandais. Son père meurt d'une attaque quand elle n'a que 10 ans. Sa mère peine alors à l’élever, elle et ses deux frères. Malgré de brillantes études elle s’inscrit rapidement à un cours de secrétariat pour aider sa famille. Elle travaille trois ans dans une agence de publicité et un an comme hôtesse de l'air. À 15 ans, Mary Higgins Clark entre à l'Université Fordham, dont elle ressort cinq ans plus tard avec un diplôme de philosophie.
À 20 ans, elle épouse Warren Clark qui meurt d'une crise cardiaque en 1964, la laissant seule avec cinq enfants. Elle écrit alors des scripts pour la radio et son premier livre, une biographie de George Washington, qui n’a aucun succès. Elle décide alors d’essayer un autre genre, le suspense. Son premier roman, La Maison du guet, devient tout de suite un best-seller. Le succès accompagnera tous ses livres par la suite.
En 1977, elle se fait découvrir par la France avec La Nuit du renard qui obtient le Grand prix de littérature policière. Les Éditions Albin Michel inaugure avec elle la collection Spécial Suspense qui compte aujourd'hui 22 de ses 26 romans.
En 1986, elle préside l'International Crime Congress, à New York, et en 1987, le Mystery Writers of America
En 1996, elle se marie avec John J. Conheeney. Ils habitent aujourd'hui à Saddle River dans le New Jersey. En 1998, elle reçoit le prix du Festival du cinéma américain de Deauville. En France, elle a vendu plus de 20 millions d'exemplaires en édition d'origine. En 1999, un sondage paru dans Le Monde la donnait en deuxième position des auteurs les plus lus par les jeunes de 12 à 30 ans.
Mary Higgins Clark apparaît brièvement dans le téléfilm Un jour de chance de Penelope Buitenhuis, adaptation de son roman du même nom, et joue le rôle de la grand-mère d'une amie de Nora qu'elle rencontre dans la rue (aux environs de la 35e minute).





Une seconde chance
Le Voleur de Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)
Le Bateau fantôme (Jeunesse)
Le Mystère de Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)