mercredi 25 juin 2014

A LA BIBLIOTHEQUE



Cet après midi, c'était bibliothèque.
J'ai choisi le dernier Hermary Vieille " La bête " que je cherchais depuis un moment. Ensuite, le dernier C.J Sansom " Dominion " et enfin le dernier de Rose Tremain " L'ami du Roi "

Le premier sur ma liste de lecture est bien sur La bête.

dimanche 22 juin 2014

LE BLEU DE TES YEUX - HIGGINS CLARK, Mary

Le mari de Laurie Moran est froidement exécuté alors qu'il est en train de jouer avec son fils Timmy dans un parc. Avant de s'enfuir, le meurtrier, qui a des yeux d'un bleu électrique, lance au petit garçon : "Dis bien à ta mère qu'elle est la prochaine sur la liste et qu'ensuite ce sera ton tour !" Huit ans plus tard, ce meurtrier aux yeux bleus n'a toujours pas été identifié et Laurie et son fils vivent toujours sous cette menace. Laurie, productrice de télé, continue néanmoins à travailler et a décidé de lancer une nouvelle émission de téléréalité consacrée à de vieux Cold Case, réunissant les témoins du drame. Le premier épisode est dédié au Graduation Gala Murders : il y a plus de vingt ans, la mondaine Betsy Powell et son mari Robert Powell organisaient une grande soirée en honneur de leur fille Claire et de ses trois amies fraichement diplômées, mais Betsy était retrouvée morte étouffée au matin, un meurtre qui n'a jamais été élucidé. Laurie s'apprête à tourner son émission pilote dans la splendide demeure des Powell, mais ce qu'elle ignore, c'est que quelqu'un l'épie dans l'ombre... Quelqu'un qui a les yeux très bleus. 

Ce qu'il y a de bien avec Mary Higgins Clark, c'est que nous ne sommes jamais déçu, ni surpris. Des romans courts, un suspens qui ne surprend pas (tout est tellement prévisible) mais qui nous retient, un monde à la "Desperate Housewives". Voilà... un bon moment en perspective. C'est ce que j’appelle un roman de voyage : vous l'ouvrez en début du voyage et vous le refermez à l'arrivée. Mais voilà, moi je suis une accro et je les ai tous lus et continuerais à les lire car c'est une lecture plaisante, rapide et qui fait du bien.

vendredi 20 juin 2014

CATOGAN

catogan ou cadogan

nm (ka-to-gan ou ka-do-gan)
  • Nœud qui retrousse les cheveux et les attache près de la tête. Le catogan n'est plus de mode.



 

LE CLANDESTIN - GRISHAM, John




Joel Backman a passé ces six dernières années derrière les barreaux. Coupable de trahison envers son pays (les Etats-Unis) pour avoir "vendu” à un pays étranger le logiciel JAM, permettant de contrôler un ensemble de satellites espions. Alors qu'il lui reste quatorze ans à tirer, le président sortant, sous pression du directeur de la CIA, lui accorde la grâce présidentielle. Sous escorte, Joel Backman, devenu Marco Lazzeri ira s'enterrer à Bologne, en Italie.

Pourquoi se cacher quand on a été gracié ? La liberté va pourtant de paire avec la grâce présidentielle. Joel se rendra rapidement compte qu'il est en danger et que la CIA l'a libéré dans l'unique but de déterminer qui veut sa peau, et par la même occasion de récupérer des informations capitales sur le logiciel espion qui a finalement disparu de la circulation après l'annulation de la vente.
Le clandestin est un bon roman, mais pas le meilleur de Grisham. Bien que l'on connaisse les intentions de la CIA, l'ignorance de Backman et sa découverte de l'Italie nous plonge dans une balade divertissante. En parallèle des tribulations de notre vieux lobbyiste reconverti en toursite canadien, Grisham met en place la traque finale ; pas de course poursuite tout au long du roman.
La fin n'est pas des plus exceptionnelles, le style est fluide, mais l'histoire ne décolle pas... On ne sait pas trop où veut nous amener l'auteur, le fond de l'histoire sur le thème de l'espionnage international d'un satellite nous perd un peu au sein des différentes organisations telles que la CIA, le FBI, et autres organisations, chinoises, israéliennes et autres... Mais on a quand même envie de savoir comment va s'en sortir le personnage principal, on s'y attache tout doucement, mais pour moi, la "sauce" n'a pas pris...

mercredi 18 juin 2014

LEMAITRE, Pierre


Pierre Lemaitre, né le 19 avril 1951 à Paris, est un romancier et scénariste français, lauréat du prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut.

Pierre Lemaitre a animé des cycles d'enseignement de la littérature à destination de bibliothécaires. Il se consacre ensuite à l'écriture, en tant que romancier et scénariste. Ses romans sont traduits ou en cours de traduction en trente langues.
Pierre Lemaitre considère lui-même son travail comme un permanent « exercice d'admiration de la littérature  Ainsi, dès son premier roman Travail soigné, il rend hommage à ses maîtres en faisant, de ces écrivains, des protagonistes de son intrigue : Bret Easton Ellis, Emile Gaboriau, James Ellroy, William McIlvanney, etc.
Son deuxième roman publié en 2009, Robe de marié, exercice explicite d'admiration de l'art hitchcockien raconte l'histoire de Sophie, une trentenaire démente, qui devient une criminelle en série sans jamais se souvenir de ses meurtres.
Lemaitre aborde ensuite le thriller social avec Cadres noirs, en 2010, qui met en scène un cadre au chômage qui accepte de participer à un jeu de rôle en forme de prise d'otages. Le livre est inspiré d'un fait divers réel survenu en 2005 à France Télévisions Publicité dirigée à l'époque par Philippe Santini, et pour lequel cette entreprise a été condamnée par la chambre criminelle de la Cour de Cassation le 7 avril 2010.
Alex, quatrième roman, joue sur l'identification, moteur du thriller : l'héroïne y est tour à tour victime et meurtrière jusqu'à la conclusion qui retourne une nouvelle fois la compréhension que le lecteur peut avoir du personnage. Là encore, on trouve, d'Aragon à Proust en passant par Rolan Barthes, John Harvey ou Boris Pasternak, quelques citations ou influences que l'auteur signale explicitement.
Les Grands Moyens, feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec Travail soigné, poursuivie avec Alex et achevée avec Sacrifices (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. Confirmant dans une interview son attachement à Alexandre Dumas, Pierre Lemaitre a ajouté un quatrième volet à sa « Trilogie Verhœven » (à l'image des Trois mousquetaires qui, en fait, étaient quatre) : Rosy & John est la novélisation de son feuilleton numérique Les Grands Moyens.
En août 2013, Au revoir là-haut, marque, dans son œuvre, un important changement puisqu'il signe, cette fois, un roman picaresque (et non historique, comme le souligne Pierre Assouline). Délaissant le genre policier, Lemaitre reste néanmoins fidèle à l'esprit de ses premiers romans puisqu'il cite (d'Emile Ajar à Stephen Crane et de Victor Hugo à La Rochefoucauld) plusieurs auteurs qu'il salue dans ses remerciements avec, notamment, un hommage appuyé à Louis Guilloux et Carson McCullers. En novembre 2013, le roman reçoit le prix Goncourt.

Œuvre

Série policière Verhœven

  • Travail soigné, Editions du Masque
  • Alex, Albin Michel, févr. 2011, 392 p.  
  • Les Grands Moyens, feuilleton numérique comprenant le texte enregistré par l'auteur. SmartNovel, 2011 
  • Sacrifices, Albin Michel, 2012 
  • Rosy et John, Le Livre de Poche Thrillers, 2013, 141 p. .

Autres romans

  • Robe de marié, Calmann-Lévy, coll. « Suspens », 2009 
  • Cadres noirs, Calmann-Lévy, 2010 
  • Au revoir là-haut, Albin Michel, 2013, 566 p.

CADRES NOIRS - LEMAITRE, Pierre

Issu d'un fait divers qui a défrayé la chronique lorsque le patron d'un grand groupe de média a voulu simuler une prise d'otage lors d'une opération de sélection interne, Pierre Lemaître y adjoint le contexte - ô combien actuel - du chômage des seniors pour nous offrir un livre absolument bouleversant et magnifique.
A l’heure ou de nombreux sondages nous montrent les Français épuisés par le travail et désespérés par le chômage, ce roman noir de Pierre Lemaitre tombe à pic. Nous sommes dans un monde où des manutentionnaires gagnent 585 euros brut par mois et où les cadres, s’ils veulent croire en leur utilité, en leur mission, s’identifient à leur patron « avec une force de conviction dont les patrons ne rêveraient même pas. »
Quinquagénaire, donc bon à jeter, le personnage principal a dû accepter un petit boulot quand il s’est retrouvé au chômage (il était pourtant DRH) après la fusion de son entreprise avec une société belge. Son conseiller pôle emploi voit en lui un modèle de chômeur car il a renoncé à l’idée de trouver du travail, sans pour autant renoncer à en chercher. Avec des types comme moi, dit-il, « le système a l’éternité devant lui. »
Après quatre ans de galère, il a la lucidité de se sentir largué car il ne maîtrise plus le discours de l’efficience entrepreneuriale

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. A son sentiment de faillite personnelle s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter l’arrière-train par un petit chef, turc qui plus est. Aussi quand un employeur accepte enfin - divine surprise ! - d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout : à emprunter une somme d’argent considérable, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement, un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages
Ce jeu de rôle pour adultes en perdition est organisé pour le bénéfice de l’entreprise Exxyal-Europe, une grande du pétrole dont, visionnaire, Lemaitre nous prévient que l’un de ses objectifs principaux « consiste à rapprocher les activités de raffinage des lieux de production », ce qui entraînera la fermeture de plusieurs raffineries en Europe.
Avec toutes les ressources de son corps et de son esprit, Alain Delambre s’engage dans ce combat pour regagner sa dignité, sans se rendre vraiment compte qu’il s’engouffre dans une spirale affolante qui devrait, si nous étions dans un roman réaliste, l’entraîner vers une mort violente. Bien lui prend de ne pas se rendre compte, dès le début de son aventure, que les dés sont pipés, qu’en aucun cas les recruteurs n’envisagent de recourir à ses services.
Le roman est remarquablement bien mené. Il se divise en trois parties : la première et la dernière offrant le point de vue du héros, la partie du milieu étant narrée par le " méchant ". Cette alternance des voix narratives nous permet de comprendre - sans les excuser - les motivations profondes de la partie adverse (les « partenaires sociaux », comme on dit aujourd’hui) et d’intensifier le suspense dès lors que l’on perd de vue la cause du chômeur quinquagénaire. Le lecteur ne connaîtra ses vraies motivations qu’à la toute fin de l’histoire.
C’est une constante dans les ouvrages de Lemaitre : les événements malheureux s’enchaînent de manière inéluctable, chaque acte posé par les personnages les conduisant à leur perte. Il ne suffit pas à Delambre d’être un vieux travailleur au chômage, d’être humilié après avoir servi la cause de l’entreprise, d’être diminué dans le regard de ses proches qui l’aiment : sa révolte - purement individuelle, ne l’oublions pas - est implacablement destructrice.
Le héros ne parviendra à ses fins qu’en jouant sa vie et celle des siens sur un coup de dé. 

Un livre qui donne à réfléchir, jusqu'où serions-nous capables d'aller pour retrouver notre dignité ? Comment supporter ce monde économique intransigeant et inhumain.

Si l'on en croit le site Allociné, le film serait en préparation avec Albert Dupontel et Sandrine Bonnaire comme acteurs principaux. A suivre.... Le film en préparation





dimanche 8 juin 2014

LE MANUSCRIT DE PIGNATELLI - DEBLAISE, Philippe

Le manuscrit de Pignatelli - Cavalivres

«Tant de morts autour de ce manuscrit...
Me remémorant le fil de ces dernières années, je revoyais en pen­sée la portraiture d'Évonyme Philiastre, mon empoisonneur. Il m'avait volé le manuscrit et avait été le premier à tenter d'en tirer profit : on l'avait trouvé sans vie dans sa cellule, emporté par une crise d'apo­plexie ; je me souvenais également de Joachim Beauvais, le jeune libraire de la rue des Amandiers, arrêté quand il s'apprêtait à en donner une traduction.
Il y avait eu ensuite l'infortuné Jehan Davesnes, mis au pilori de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés puis assassiné pour l'avoir soustrait aux griffes du Parlement. Sentant l'étau se refermer sur lui, il avait eu le temps de le confier à François d'Aubijoux que je venais rencontrer dans son hôtel proche du Louvre, peu avant qu'il ne trépasse d'une horrible infection gangreneuse.
Un certain Guignard, faisant profession d'imprimeur-libraire au Palais, l'avait récupéré puis s'était enfui pour cause de proscription. Je l'avais retrouvé à Xaintes, vivant ses dernières heures avant que la peste contractée à Paris ne l'emporte. Puis dernièrement, le malheureux Girolamo, victime de l'ardeur de sa jeunesse et d'un amour immodéré des putains, et maintenant ce courtier bâlois, dont je n'avais pas de nouvelles, mais dont il était aisé de prédire le destin.
Sept... Je recomptais encore une fois sur mes doigts comme un en­fant appliqué ; c'était bien cela, j'en dénombrais sept, sept personnes mortes après l'avoir simplement tenu en main ou avoir travaillé dessus... Hasard ? Volonté occulte ? Châtiment divin ?»


Ce livre d'une extraordinaire richesse historique nous entraîne, façon thriller, dans une des pages les plus sombres de l'Histoire de France, celle des guerres de religion qui finira avec la sanglante journée de la St Barthélémy.
Le fil conducteur est le précieux manuscrit de Pignatelli acheté à Naples par Charles Périer imprimeur-libraire. Il sera perdu, retrouvé après beaucoup d'aventures et de morts violentes.
Le rythme est rapide, l'écriture reste élégante dans la noirceur de l'histoire et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
Nous faisons la connaissance de Charles Périer, homme austère et profondément honnête qui a mis toute sa vie dans l'amour des livres et de la connaissance. C'est également l'occasion de découvrir , au 16ème siècle, la vie de ces libraires imprimeurs, protestants. Ces hommes n'ont pas cessé de s'exposer pour faire triompher leur foi et leur liberté de leur religion.
Ce livre nous décrit d'une façon saisissante la montée de l'intolérance religieuse et la mise en place d'un intégrisme accepté par l'opinion publique. Il est en cela très actuel et nous montre combien les mouvements d'intolérance et l'obscurantisme ont traversé le temps pour rester encore très présents.
Amoureux des livres et particulièrement de la littérature équestre l'auteur nous plonge dans une épopée historique époustouflante avec d'émouvantes rencontres humaines.

Nous retrouvons l'ambiance de "Le nom de la rose" : un livre, des gens meurent de l'avoir tenu entre leurs mains. Là s'arrête la comparaison. Si le roman d'Umberto Eco nous tenait en haleine par son mystère, ici nous sommes retenus par l'Histoire.

mercredi 4 juin 2014

MOLOSSES - JOHNSON, Craig

Craig Johnson est en passe d'écrire l'une des très grandes séries policières du 21e siècle. L'auteur du Wyoming dévoile toute sa finesse, son sens de l'intrigue et cet indiscutable amour de la région. Molosses est maîtrisé de bout en bout, et je ne l'ai pas lâché une seconde ! C'est un épisode assez atypique, le plus drôle de la série et qui se passe entièrement à Durant, par un froid de gueux (la température ne dépasse pas -15°).
Ça commence comme ça: "J'avais du mal à obtenir une réponse claire de la part du petit-fils et de son épouse: pour quelle raison leur grand-père s'était-il retrouvé attaché au bout d'une corde de nylon de 35 mètres de long au par-choc arrière de l'Odsmobile Toronado de 1968?"
Et oui, on se le demande... il faut savoir que dans la famille Stewart, propriétaire de la casse du coin et gérante de la déchetterie (oh pardon, le "site municipal de dépôt, tri et récupération des déchets"), on est un peu "cas social" de père en fils.
Cette décharge va d'autant plus intéresser notre shérif préféré qu'on vient d'y retrouver un...pouce.
C'est donc une petite enquête locale apparemment pépère qui se met en place de façon un peu chaotique car Walt Longmire n'est pas très aidé par ses collègues. Non seulement Vic lui tourne autour comme une abeille légèrement agressive à l'approche de la Saint-Valentin, mais Sancho le basque souffre d'un très sérieux SSPT (syndrome de stress et pétoche sur le terrain) qui le rend passablement nerveux. Et, source de stress supplémentaire, sa fille commence à préparer son prochain mariage, avec l'aide d'Henry Standing Bear.
Un roman peuplé de personnages hauts en couleurs, où on ressent fortement l'affection profonde de Craig Johnson pour les personnages atypiques inspirés de personnes qu'il a connues (voir la postface), et agrémenté d'un humour ravageur. Si les molosses du titre sont effectivement les chiens de garde de la casse, ce sont aussi toutes ces belles bagnoles de l'histoire américaine qui ponctuent le récit : Plymouth Belvedere 66,  Chevrolet 1947, coupé Mercury, Lincoln 1952...
Ce nouvel épisode des aventures du shériff Longmire garde sa poésie, ses pages contemplatives et une solide histoire où le héros, une fois de plus, y laisse des plumes mais ressort grandi.
Cerise sur le gâteau : nous savons qu'il y aura un nouvel opus puisque nous laissons nos héros en pleine préparation du mariage de Cady.