mardi 29 avril 2014

LE LOUP DE WALL STREET

LE LIVRE

Ce livre a été écrit bien après les heures de gloire du trader fou, après sa rédemption, et son récit est avant tout un repentir en bonne et due forme, Belfort écrivant à plusieurs reprises que ce style de vie était celui de riches détraqués et complètement déconnecté du réel.
Et, plus j'avançais dans ma lecture et plus je me disais, que si la moitié de ce qui était écrit était vrai, cela était suffisant pour donner à cet ouvrage une force singulière. En fait, le langage est simple et direct ; jamais la moindre périphrase ou expression de "confort". Le langage est très cru et rude ; à ne pas mettre sous des yeux un peu délicats. Ce qui me frappe, c'est que les aventures de Jordan Belfort fascinent autant qu'elles écœurent : on finit par continuer la lecture, presque pour voir jusqu’où cet homme aura été capable de descendre, et avec quelle impitoyable lucidité, sans se trouver la moindre excuse, il fouillera lui même dans les bas-fonds de sa conscience.
Depuis ces aventures "sexo-droguo-fiancières", il s'est racheté une conduite; ou plutôt, après son arrestation par le FBI, un séjour en prison a sans doute contribué a lui mettre un peu de plomb dans la tête.
Même si je me garde bien de généraliser, son récit soulève aussi le couvercle d'une marmite ou grenouillent un certain nombre de traders totalement déconnectés de toute réalité. Par de nombreux côtés, et même dans ses errements passés, l'homme est finalement attachant ... et supérieurement intelligent, en tout cas.
Un récit que l'on ne risque guère d'oublier. Le style percutant, cru ( parfois même très cru), parfois plein d'humour et incisif de Belfort m'a happé. L'écriture de ce récit a certainement permis à Jordan Belfort de retrouver une partie de sa lucidité qu'il avait totalement perdu au moment de sa période dorée, mais il n’empêche qu'on a du mal à s'enlever de la tête l'idée que, sans la prison et la déchéance qu'il a connu, il aurait continué à agir de la sorte.
Bref, un récit captivant et incisif sur un personnage qu'on a quand même énormément de mal à trouver attachant et pleinement sincère dans sa tentative d'auto réhabilitation.

LE FILM

Rien que pour Léonardo DiCaprio, ce film vaut le coup. J'adore cet acteur car je trouve qu'il rend vivant tous ses personnages par son jeu, sa gestuelle, ses mimiques.
A 71 ans, Martin Scorsese, qui n'a plus rien à prouver (si ce n'est à lui-même ?), aurait pu signer un film tranquille et gentil comme son Hugo Cabret. Moyennant quoi, avec Le loup de Wall Street, le voici qui se lâche totalement, outrepasse les limites du bon goût et réalise une véritable bombe cinématographique qui ferait passer Tarantino ou Oliver Stone pour des auteurs de bluettes. Enorme, excessif, démesuré, extravagant, ce portrait d'un courtier en bourse qui ne vit que pour l'argent, la drogue et les femmes. A côté, les gangsters des Affranchis ont presque l'air de garçons en culottes courtes. Cynisme et cupidité à tous les étages, Scorsese se délecte des dérives outrancières et scandaleuses de son "héros" sans morale, si ce n'est celle du plaisir. Il y a dans Le loup de Wall Street une bonne demi-douzaine de scènes d'anthologie dont la mise en scène épouse les contours avec une virtuosité sidérante. Dans cette symphonie fantastique, Leonardo DiCaprio repousse lui aussi ses limites. Il est gigantesque, mêmes ceux qui ont toujours émis des doutes sur son talent ne pourront qu'en convenir. De très bons seconds rôles le secondent, la plupart 'inconnus au bataillon excepté Matthew McConaughey, dévastateur, et notre Jean Dujardin, hilarant. Scorsese a remis les pendules à l'heure : le plus grand metteur en scène américain vivant, c'est bien lui. La caméra virevolte de personnage en personnage, le montage est rythmé et la narration appuyé par une voie-off divinement écrite et une B.O absolument mortelle. C'est vraiment le Scorsese que j'aime. Saluons aussi interprétation de Jonah Hill, qui en a enfin finit de ses rôles de puceau dans des comédies, pour incarner ici un courtier adipeux aux dents fluorescente presque aussi détestable que son acolyte.
Je dois reconnaitre que la deuxième partie du film est hilarante. Voir tous ses requins essayer de prendre la fuite, de protéger leurs acquis, c'est tordant. Trois heures de pur bonheur.


mardi 22 avril 2014

CA Y EST, IL EST ARRIVÉ

Ce matin, j'ai eu l'agréable surprise de trouver un petit colis expédié par Presses de la Cité.
Et oui, ce matin j'ai reçu le livre que j'avais gagné sur le site 

sur le forum "Masse critique"

Je vais découvrir en avant premier le dernier Michel Bussi "N'oublier jamais" qui sera mis en vente le 07 mai 2014.
Allez, à plus tard pour la critique


MAPUCHE - FÉREY, Caryl

Un Mapuche est un indien d'Amérique du Sud.
Argentine, enlèvement, torture, enquête
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Mapuche signifie "peuple de la Terre".
Les indiens mapuches habitent le sud de la région andine entre le Chili et l'Argentine
Avec Mapuche, Caryl Férey a posé ses valises en Argentine.
Une scène choc ouvre le livre : un paquet jeté dans l'océan depuis un avion, paquet qui ouvre les yeux, vision d'un être humain précipité dans le vide !... On se doute dès lors que le voyage ne sera pas de tout repos. «A deux mille mètres, la mer est un mur de béton». L'histoire se dessine avec les contours de cinq personnages principaux : Jana, Paula, Luz, Ruben, Maria Victoria. Jana est indienne, issue du peuple Mapuche qui donne son titre au roman. Elle est venue étudier les Beaux Arts à l'université de Buenos Aires. Faute de ressources - la crise financière de 2001-2002 a provoqué la banqueroute du pays qui s'enfonce dans la misère, les émeutes, les manifestations et les pillages - elle a survécu en se prostituant, dormant dans des parcs, des squats, fréquentant le monde interlope des bars et des boîtes où elle a rencontré Paula, un travesti. 

mercredi 9 avril 2014

LE COLLIER ROUGE - RUFIN, Jean Christophe

1919, le juge, le révolutionnaire et son chien

Le collier rouge, court roman ou longue nouvelle, est un exemple de plus du talent de Jean-Christophe Rufin qui s'empare d'une simple histoire, laquelle peut paraître anecdotique un siècle plus tard. Cela lui permet d'évoquer, à sa façon, l'horreur et l'absurdité de cette boucherie aussi appelée Grande Guerre. De fait, le livre pourrait être condensé dans une fable de La Fontaine, avec une morale cinglante pour terminer.
Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.

mercredi 2 avril 2014

L'HYPNOTISEUR - Lars KEPLER / Lasse Hallström

crime, hypnose, suédois, maison hantée
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L’Hypnotiseur commence avec un meurtre épouvantable. Introduction classique mais plutôt bien tournée. L’ambiance nordique est là : vues aériennes de Stockholm et de beaucoup de neige… Le début était donc prometteur.
Mais il y a un « mais ». Un bon polar ne repose pas uniquement sur son atmosphère. Le spectateur a besoin d’une histoire qui tienne en haleine du début à la fin. Et c’est là que le bât blesse : si par moments je retenais mon souffle, le reste du temps j’écoutais et regardais « poliment » les protagonistes se débattre avec l’enquête.
En effet, Lasse Hallström semble prendre plus de plaisir à filmer les relations humaines que les courses poursuites.