jeudi 27 mars 2014

LES FEMMES TUENT AUSSI - HADDAD, Solène

Non les hommes n'ont pas le monopole de l'horreur. Voilà ce que nous démontre ce livre. Mais ça, nous le savions déjà.
Ce livre présente une succession de portraits de criminelles du XVIème siècle à nos jours.
Pour ceux, ou celles, qui comme moi suivent les émissions criminelles, de Jacques Pradel à Jean Marc Morandini en passant par Stéphane Bourgoin, rien de neuf avec ce livre
Nous retrouvons les noms connus : Marie Besnard, les sœurs Papin, Jeanne Weber, Aileen Wuornos....
Les portraits sont très rapides : entre 2 à 10 pages pour les plus chanceuses. Les portraits se succèdent et l’auteur ne semble vouloir prouver qu’une chose : le crime et l’atrocité ne sont pas l’apanage des hommes. Nous voilà bien avancé !
Et oui la femme est un Homme comme les autres.
Franchement, Les femmes tuent de Pierre Bellemare est beaucoup plus intéressant. Pierre Bellemare, conteur né, a l'art de raconter les histoires et de faire vivre les personnages, les bons comme les mauvais.

mardi 18 mars 2014

LA FEMME A LA CLÉ - VAN DER MEER, Vonne

"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues".
Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, quelques mois après la perte de son mari, décédé d'une crise cardiaque, Nettie décide de chercher un travail. Femme au foyer, elle n'a pas vraiment d'expérience professionnelle à faire valoir. Elle se tourne alors vers sa passion : la lecture. Peu à peu, elle se forge une clientèle hétéroclite, hommes et femmes, enfants et adultes, tous à la recherche du plaisir simple d'écouter une histoire avant de s'endormir.
Mais cette activité implique une intimité avec ses 'habitués' qu'elle n'avait pas prévue... Elle devient alors, malgré elle, confidente, amie, conseillère. Son projet inattendu aura des retombées surprenantes qui lui redonneront goût à la vie. On s'attache à cette femme blessée par la vie qui, grâce aux livres, prodigue et reçoit affection et tendresse.
Un livre de femme tendre et tranquille qui rappelle le film "la Lectrice", un voyage enchanteur à travers les livres où s'abolissent angoisse et tristesse. Ce livre est un roman très doux, comme une confidence chuchotée, et en même temps, il prend chacun de ses personnages à un moment décisif de sa vie.Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence.
Prenons Nettie, la narratrice. Veuve, il lui faut trouver une activité professionnelle pour vivre. Elle choisit de devenir lectrice, presque une conteuse. Elle entre le soir dans l’intimité de ses clients, les borde, leur lit une histoire, presque comme une maman pourrait le faire. C’est flagrant avec le personnage de Renée, cette toute jeune adolescente déscolarisée, dont Nettie constitue le seul contact avec le monde extérieur.
Autant dire que cette profession peut sembler étrange, car Nettie n’est pas seulement une lectrice, elle recueille les confidences de ses clients, qui n’ont qu’elle comme rempart à leur solitude. Elle possède non seulement les clefs de leur demeure, elle a aussi accès à des émotions, des sentiments qu’ils n’osent confier qu’à elle seule.
Un bémol tout de même : le récit reste un peu court dans tous les sens du terme. Il manque de dimension et de pages pour densifier l'ensemble. Le livre reste à la surface des choses et des êtres.
La femme à la clé est une œuvre intimiste, qui mérite d’être découverte.

Le premier chapitre

vendredi 14 mars 2014

LA VOLEUSE DE LIVRES

D'après le best seller de Marcus ZUSAK

Revue de presse

C'est le roman que les jeunes Américains s'arrachent ces temps-ci : La Voleuse de livres. Dans cette histoire de bruit et de fureur - elle se déroule dans l'Allemagne nazie -, le lecteur est transporté à Molching, non loin de Dachau. La Mort est la principale narratrice. L'auteur l'a voulue pince-sans-rire - "Je n'ai pas de faux, ni de faucille", précise-t-elle - et omniprésente...
Ironique et paradoxal, mais jamais choquant, La Voleuse de livres appartient à ce genre hybride d'ouvrages destinés à la fois aux adolescents et aux adultes - d'où sa parution simultanée en jeunesse et au rayon adulte. Cela en fait une sorte de roman universel et "global" : traduit en 20 langues, ce livre connaît un grand succès en Australie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Les phrases sont courtes, l'écriture enlevée, les ruptures dans le récit nombreuses. Et malgré un ton parfois presque détaché à l'évocation des événements de l'Allemagne nazie, rien n'est jamais trouble. Avant toute chose, La Voleuse de livres célèbre l'amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. (Johanna Luyssen - Le Monde du 6 avril 2007)
La Seconde Guerre mondiale vue à travers les yeux d’une enfant : c’est ainsi que le réalisateur Brian Percival raconte la trajectoire de la petite Liesel, dont la vie est bouleversée par la Grande Histoire. Alors que la plupart des films sur la guerre évoque l’occupation allemande dans d’autres pays, La voleuse de livres préfère se concentrer sur l’Allemagne elle-même, au cœur d’une petite ville où le nazisme est partout.
Discours prônant la grande Allemagne, chants hitlériens à l’école, portraits d’Adolf Hitler dans les salles de classe…Rien n’est épargné au public pour qu’il comprenne toutes les méthodes d’endoctrinement mises en place à l’époque. Des reconstitutions d’événements historiques comme la Nuit de Cristal montrent la gravité de la politique nationale, alors que défendre une personne en difficulté met en danger sa vie et celle de sa famille. Jusqu’à un autodafé où, poussée par la ferveur populaire, Liesel elle-même brûle sans hésiter l’un de ses précieux livres.


mardi 4 mars 2014

LES FAISEURS D'ANGES - NELSCOTT, Kris

Smokey Dalton, un très bel homme qui fait tourner la tête de toutes ces dames, a fui Memphis pour protéger son fils adoptif, Jimmy, unique témoin à avoir réellement vu l'assassin de Martin Luther King, et recherché depuis par le FBI. Sous une fausse identité, Smokey vit maintenant à Chicago où il exerce divers petits métiers. Un soir, alors qu'il rentre chez lui accompagné de la jolie Laura Hathaway, seule Blanche présente au gala donné par Ella Fitzgerald en faveur des enfants orphelins de la communauté noire, il entend des gémissements venant de l'appartement de sa voisine, Marvella...
Kris Nelscott poursuit le récit des formidables enquêtes de son héros, qui débutent en 1968 avec la tragique disparition du leader de la communauté noire américaine. Dans Les Faiseurs d'anges, elle évoque un terrible drame : celui des avortements, formellement interdits, qui se terminent trop souvent à l'hôpital. Une nouvelle fois, le lecteur suit avec passion, dans une Amérique confrontée à ses éternels démons, les aventures de Smokey Dalton, éblouissant d'intelligence et... d'humanité.
Kristine Kathryn Rusch écrit sous le pseudonyme de Kris Nescott des polars fréquemment récompensés aux Etats-Unis. Les faiseurs d'anges est la quatrième aventure de Smokey Dalton, mais nul n'est besoin d'avoir lu les 3 précédents pour s'y retrouver, c'est l'avantage.
La fin des années soixante n'est pas drôle aux État-Unis, et d'autant plus si vous faites partie de la communauté Noire. C'est à partir de ce constat que Kris Nelscott a construit sa série de romans mettant en scène le personnage de privé Smokey Dalton, accompagné d'un jeune garçon, Jimmy, qu'il a adopté pour le protéger.
L'auteur évoque dans cet épisode le destin tragique réservé aux enfants noirs. La contraception est quasiment inexistante, les naissances se multiplient dans des familles (lorsqu'il y a "famille" !) toujours plus pauvres, plus délabrées, et l'avortement est illégal. Si le roman s'ouvre sur les difficultés liées à l'adoption des nombreux enfants noirs abandonnés — ceux qui ne trouveront jamais un foyer pour les accueillir —, il s'en écarte vite pour revenir sur le problème de l'avortement, les conséquences de son illégalité.
J'ai beaucoup apprécié la peinture de cette société américaine qui n'en finit pas d'en finir avec son passé ségrégationniste. J'ai aimé vivre "en vrai" par le biais de la littérature cette époque où la société noire américaine devait panser ses plaies (assassinat de Martin Luther King) et affronter l'émergence d'une nouvelle époque, plus revendicative et plus violente (le recrutement des enfants par les gangs sous couvert de les protéger et les éduquer). Grâce à ce roman, j'ai compris à que c'était à ce moment-charnière que c'était mis en place le monde que nous connaissons aujourd'hui aux USA - et ailleurs. Pour le reste, l'intrigue policière ne m'a pas complètement convaincue mais à la limite, c'était secondaire tant la peinture sociale et sociologique était intéressante.
L'enquête n'a ici aucune importance, seuls les faits historiques et sociologiques s'y inscrivent, lentement, de façon intéressante, pour qui voudrait comprendre les querelles sanguinaires des gangs américains.
Roman sur la guerre des gangs, sur la condition noire aux Etats-Unis, oui, mais roman policier, assurément, non.